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Alors que la période des vendanges va bientôt commencer, le quotidien Vaucluse Matin révèle que 300 postes de vendangeurs restent encore à pourvoir sur les 500 proposés par Pôle Emploi. Compte tenu du nombre de chômeurs que compte le Vaucluse, département particulièrement touché en matière de chômage, il est difficile de concevoir que ces 300 postes n’aient toujours pas été honorés, sachant que, de surcroît, ils ne requièrent aucune qualification particulière, hormis parfois un permis de conduire.

Fut un temps, pas si lointain du reste, on devenait un « Homme », un adulte à part entière lorsque l’on avait accompli ses obligations militaires, d’une part, -mais la question ne se pose plus depuis la gouvernance Chirac- et surtout lorsque l’on gagnait enfin sa vie à la sueur de son front, quel que soit le montant du salaire. C’était une histoire d’honneur et d’amour propre; c’était aussi une histoire de patriotisme puisque le travail, s’il servait en premier lieu l’individu, lui donnait aussi la fierté de servir son pays en contribuant à son enrichissement et à son rayonnement.

Après un demi-siècle de veulerie post soixante-huitarde, ces notions d’honneur et de patriotisme, à force d’être piétinées par les responsables politiques en tête, ont fini par tomber en désuétude. L’individualisme et le communautarisme ont pris le pas sur le patriotisme. La jouissance et le profit se sont substitués à l’honneur. Ainsi, aujourd’hui, ce n’est plus une honte de ne pas travailler et il semble « normal, pour beaucoup de nos compatriotes, que ceux qui ne font rien vivent aux crochets de ceux qui font.

Certes, en principe, on ne choisit pas d’être licencié et de devenir chômeur. Et pour ceux qui n’ont pas choisi, la société se doit, bien sûr, de les aider. Cependant, combien de chômeurs  ont délibérément choisi de le devenir ou de le rester, par confort, par fainéantise, par intérêt? En tout cas, par défaut d’honneur, de courage et de patriotisme. S’ils ont fait ce choix contestable, c’est aussi parce que des générations de responsables démagogues, exploitant cette manne électorale en constante progression, ont mis en place un système n’encourageant pas les Français  à travailler: parce que s’ils travaillent, l’État leur prend tout; parce que s’ils travaillent, ils gagneront parfois moins qu’en ne travaillant pas; parce qu’il n’est pas désagréable d’avoir un congé sabbatique de plusieurs années rémunéré par le contribuable au même taux que le dernier emploi; parce que s’ils ne travaillent pas, ils ont droit à tout…

Pour en revenir à nos vendanges sans vendangeur, que les amateurs de vin se rassurent: les exploitants trouveront sans doute, outre-Méditerranée ou outre-Rhin, des vendangeurs motivés pour faire le travail que les nationaux, enlisés dans un système d’assistanat économiquement mortifère, ne veulent pas faire…

R.R