Question au gouvernement de Marion Maréchal-Le Pen

Marion Maréchal-Le Pen interroge M. le ministre de l’Agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du Gouvernement, sur le patriotisme alimentaire.
L’importation massive de denrées alimentaires engendre la dévalorisation de la production française, reconnue à l’international pour son souci de qualité, de sécurité et de traçabilité. Certaines données montrent l’ampleur du recours à l’importation qui pressure les exploitations françaises : 75% des fruits et légumes proposés dans la restauration hors foyers viennent de l’étranger, 75% de la viande bovine et 80% des volailles servies dans les cantines ne sont pas d’origine française. C’est tout un marché en constante expansion qui se détourne de nos produits nationaux. En effet, la restauration hors foyer (RHF) représente 12 repas mensuels par Français pour un total de 6.2 milliards de repas.
Les producteurs français, dont la volonté est de travailler pour la France et le « manger français », ne sont pas soutenus par les pouvoirs publics, responsables de l’achat de produits étrangers pour l’approvisionnement des restaurations publiques. La viande bovine française (VBF) demeure concurrencée par la viande « Origine européenne » sur les étals des grandes surfaces. Certaines de celles-ci vont jusqu’à pratiquer la francisation des produits par des infractions à l’étiquetage.
Les agriculteurs ne voient pas les fruits des engagements pris par l’Etat en juillet dernier, demeurés au stade de l’incantation. Les négociations du TAFTA, réalisées dans l’opacité la plus totale, présagent l’aggravation de ce dumping dont sont victimes nos exploitations françaises. C’est pourquoi elle demande si une loi sur le patriotisme alimentaire, visant à contraindre les administrations publiques et les RHF à se fournir prioritairement en denrées d’origine française ainsi qu’à favoriser les circuits courts, ne devrait pas être élaborée en relation avec les représentants du monde agricole. Par ailleurs, elle voudrait savoir si le Gouvernement envisage un renforcement des sanctions à l’encontre des grandes surfaces prises en flagrant délit de fraude à l’étiquetage.