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On le sait, Alain Juppé défend le concept fumeux d’« identité heureuse », en clair, une identité tout en douceur, préférant l’intégration à l’assimilation. Une « douceur » qui nous conduit lentement, sûrement, inexorablement vers la « Kosovarisation » de notre pays. L’un des spadassins d’Alain Juppé, Benoist Apparu, a même déclaré la semaine dernière dans un tweet enthousiaste : «  Oui au multiculturalisme, non au communautarisme. C’est ça l’identité heureuse ». Nous voilà fixés.

En 2015, notre slogan pour les élections départementales dans le Vaucluse était « Notre identité, notre avenir ». Nous avions sans aucun doute vu juste. L’ancien premier ministre Edouard Balladur n’a-t-il pas affirmé, le 4 mai dernier, que  l’identité sera « au cœur de la présidentielle » ? Et la journaliste Elisabeth Lévy, semblant répondre aux propos du benoît Apparu, vient de déclarer dans une interview donnée au Figarovox : « certes, l’économie c’est important, mais les questions identitaires sont brûlantes et il faut les traiter au lieu de se payer de bons sentiments. L’urgence aujourd’hui n’est même pas de décider ce que nous voulons faire mais de savoir qui nous sommes ». La question identitaire n’est donc pas taboue, n’en déplaise à M. Estrosi qui voit rouge et hurle au loup dès qu’il entend ce mot raisonner dans ses oreilles « républicaines ».

L’écrivain Denis Tillinac, que l’on ne peut soupçonner d’être Front National, lui le chiraquien de haute époque, écrivait la semaine dernière dans Valeurs actuelles que « le programme du vainqueur de la primaire devra se référer à une définition claire et nette de l’identité du peuple français ». Il risque d’être déçu, le pauvre, lui qui rêve – je le cite – de « redonner à la France de nouvelles élites du cœur et de l’esprit. Une nouvelle chevalerie ». Surtout si c’est Alain Juppé ! Mais un écrivain n’est pas un politique  et a le droit de se bercer d’illusions perdues d’avance.

Néanmoins, je ne résiste pas au plaisir de citer encore une fois Tillinac : « Pour la droite française, l’identité qui fonde notre patriotisme, l’âme de la France, sa chair et son sang, c’est quinze siècles d’histoire-géo… ». Tillinac qui en appelle à « renouer avec nos fondements judéo-chrétiens et gréco-latins ». Tillinac : affreux identitaire !

Au fait, savez-vous qui est le représentant d’Alain Juppé, le candidat de l’identité heureuse, pour la primaire de la droite et du centre en Vaucluse ? Pierre Gonzalves, maire de l’Isle sur la Sorgue et conseiller départemental. Pierre Gonzalves qui a voté pour l’accueil des migrants à Bonpas le 27 mai dernier. Au moins, on est cohérent dans le camp juppéiste.

Georges Michel, secrétaire départemental adjoint du Front National de Vaucluse