Par Georges Michel, association Carpentras à Coeur, contributeur sur Boulevard Voltaire.

Tout a été dit, ou à peu près, sur la décision des socialistes de moduler le montant des allocations familiales en fonction des revenus. Néanmoins, je voudrais faire quelques remarques « en vrac » concernant cette mesure. Juste histoire de vider mon sac pour me soulager.

On passera rapidement sur le fait qu’avec les socialistes, désormais les enfants de France ne sont pas égaux devant la loi. Je ne suis pas juriste mais il y a sans doute matière à creuser dans cette direction… L’égalité, ce beau principe que les socialistes nous ont servi à l’envi pour faire adopter le mariage des personnes de même sexe, serait donc un principe modulable. On retiendra la leçon pour l’avenir.

On ne « mesquinera » pas sur les chiffres : une économie de 700 millions d’euros, nous dit-on, somme que l’on mettra quand même en regard avec le chiffre de l’aide médicale de l’Etat (AME) : environ un milliard…

On peut s’étonner aussi que la CGT dont la mission est de défendre les masses laborieuses et prolétariennes s’insurge contre cette mesure qui touchera une fois de plus les familles de la classe moyenne supérieure, en clair, les « familles Le Quesnoy ». Mais, la CGT qui a des principes, veut peut-être rester fidèle (le vilain mot par les temps qui courent) à l’héritage du Conseil National de la Résistance, héritage que nos socialistes ont décidé de vendre à la découpe pour faire du cash rapidement. La CGT a sans doute compris qu’aujourd’hui, si c’est les revenus au dessus de 6000 euros (pourquoi pas 5999 ou 6001, on se demande d’ailleurs), demain ce sera les revenus au dessus de 5000 euros et après-demain… Une fois que le principe est renversé, ce n’est plus qu’une question de curseur. On le sait : la capacité de l’homme à s’adapter à la douleur est immense ; il suffit d’y aller progressivement en faisant entendre les voix mélodieuses des Dames Touraine ou Rossignol.

La CGT se dit peut-être aussi que demain cette modularité des prestations familiales pourrait bien être étendue aux prestations sociales : en clair, plus tu cotiserais à la sécu, moins tu serais remboursé : pas belle la vie ! Allez, soyons fous, encore plus loin, toujours plus fort : plus tu cotiserais pendant ta carrière pour préparer ta retraite, moins tu toucherais à la retraite. Un peu la Fête des Fous, si vous voulez : Haroun El Poussah deviendrait esclave et l’esclave calife !

Une dernière remarque. La semaine dernière, j’entendais la gracieuse Barbara Pompili, député EELV, défendre ce projet. Elle affirmait qu’après tout, le fait d’avoir beaucoup d’enfants relève d’un choix personnel. Dont acte. J’ai cependant une irrépressible envie de dire à cette charmante cigale : heureusement que naguère des couples ont fait ce choix personnel quelque peu lapinesque, pour que leurs enfants puissent bientôt payer les retraites des hédonistes soixante-huitards qui eux, ont fait un tout autre choix personnel, jadis.