Mardi 1er mars avait lieu la journée du Vaucluse au salon international de l’agriculture organisé à Paris. A cette occasion, en tant que membres de la commission d’agriculture du Conseil Départemental de Vaucluse, nous sommes allés, avec Danièle Brun (élue sur le canton du Pontet), à la rencontre des agriculteurs, passablement éprouvés par la politique « agricolicide » de l’RPS.
Si Sully affirmait jadis, bien élégamment et à juste titre, que « labourages et pâturages sont les deux mamelles de la France », force est de constater, malheureusement, que Marianne est atteinte d’un cancer des deux seins, un cancer dont les métastases se nomment : technocratie normative bruxelloise, libre-échangisme, concurrence déloyale, fermetures d’exploitations, suicides de paysans, réduction du foncier agricole ou encore disparition de filières, à l’instar de celle de la cerise en Vaucluse et peut-être aussi, bientôt, de la lavande.
Parce que nous les aimons, parce que nous sommes immensément fiers d’eux, de leur travail et de leurs produits, nous sommes allés vers eux pour leur apporter notre soutien, pour entendre leurs difficultés afin de mieux les défendre et non pas nous contenter, comme nos adversaires, de faire une simple photo avec eux, devant leur étal de miel de Goult, de pommes d’Althen, de lavande de Sault ou de charcuterie de Monteux, à paraître dans le journal ou à diffuser sur ses réseaux sociaux.
Les agriculteurs, dont la situation n’a jamais été aussi grave, demandent à cor et à cri d’être délivrés des maux qui les accablent et que l’on peut regrouper dans une seule appellation, très bien contrôlée d’ailleurs: l’Union Européenne. Ce ne sont évidemment pas ceux, de gauche et d’ultra gauche, écologistes, centristes ou de droite plus ou moins molle, qui ont rêvé de cette Europe, qui l’ont appelée de leurs vœux, qui l’ont imposée au mépris de la volonté populaire et qui la défendent encore aujourd’hui, qui sauront entendre le désespoir qu’ils ont semé dans nos campagnes et encore moins y remédier, en dépit de leurs salamalecs au salon de l’agriculture dont les paysans ne sont d’ailleurs pas dupes. Les européistes hypocrites devraient prendre garde à la jacquerie qui couve car viendra un temps où les paysans cesseront de se suicider…
Les agriculteurs, ce sont nos campagnes, ce sont nos paysages, nos haies et nos sillons, nos restanques, nos bocages, nos canaux d’irrigation, des savoir-faire immémoriaux, nos fruits et nos légumes, nos bêtes, nos fromages, notre lait, notre miel, nos vins, notre cidre, nos parfums… Les paysans, c’est un marquant très fort de notre identité et de notre indépendance. Sans doute est-ce pour cette raison que nous sommes aujourd’hui les seuls à vouloir et à nous battre véritablement pour leur survie.
Rémy Rayé, conseiller départemental du canton de Monteux

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