Intervention d’Anne-Sophie Rigault au conseil du Grand Avignon, le 21 mars 2016

« Monsieur le Président,

Mes chers collègues,

Enfin ! Enfin une délibération concernant l’Opéra nous permet, ce soir, d’aborder l’avenir de notre Opéra-Théâtre…

La décision de restaurer et rénover ce très bel édifice a été prise, mais prise – une fois de plus – les yeux bandés. Lorsque la Ville d’Avignon a transféré son Opéra au Grand Avignon, vous saviez que l’estimation présentée était sérieusement minorée. Joli cadeau empoisonné qui n’avait, à l’époque, pu être refusé.

Et aujourd’hui, vous commettez une grave erreur, celle de fermer complètement l’édifice sans avoir assez finement budgété les travaux en amont, mais également sans avoir prévu de solution de repli.

Je m’explique…

Tout d’abord, le montant des travaux.

Lors de la dernière commission Culture (il y a tout juste dix jours), il nous a été annoncé une première estimation des travaux à 17 M€, alors que le budget prévu est de 15 M€. Donc, avant même le premier coup de pioche, nous redoutons déjà les dépassements de budget. Nous n’allons très certainement pas pouvoir tenir le budget initial, car en cours de route il y a toujours des études supplémentaires ou des postes de dépenses oubliés qui se rajoutent et qui nous obligent à voter des rallonges. Une fois les travaux commencés, nous n’aurons d’autre solution que de les terminer…

Or, je ne vous apprends rien en disant que tout marché public commence à 1 et finit à 2, 3, 4 ou 5 ! Dans ces conditions, ne serait-il pas judicieux de faire appel à un cabinet d’économies de la construction, pour essayer au maximum d’affiner le coût des travaux, tout en recherchant les poches d’économies possibles ?

Pour terminer sur ce premier point, je voudrai reprendre la phrase prononcée par l’un des conseillers communautaires, lors du conseil du 28 janvier dernier, je cite : « il ne faut pas oublier que nous sommes gestionnaires de l’argent de nos contribuables ».

Deuxième problème : la fermeture définitive du bâtiment pendant la durée des travaux.

Décision encore une fois actée, sans chercher de solution alternative, et visiblement sans pouvoir faire machine arrière. Il ne nous reste donc d’autre possibilité que de trouver une solution ailleurs, afin d’éviter de mettre au chômage technique les 200 familles qui vivent grâce à l’Opéra.

Autre point, la  perte des subventions de nos partenaires financiers. A-t-on aujourd’hui la certitude que l’Etat, la Région ou le Conseil départemental ne vont pas se désengager ? Concernant le Département, il semblerait que leur subvention s’arrête en 2018 ! Qu’en est-il ?

Si nous ne trouvons pas de lieu pouvant accueillir une salle éphémère, nous allons perdre définitivement toutes les subventions. Il y a un an et demi, rappelez-vous, nous avions dû voter en urgence une rallonge budgétaire afin de boucler le budget de l’Opéra. Il serait bien que l’horizon financier de ce dernier ne soit pas plombé par manque d’anticipation du Grand Avignon…

Troisième et dernier point : la structure éphémère.

Si la solution de la structure éphémère n’est pas trouvée rapidement, la programmation ne sera alors plus possible. J’attire votre attention sur le fait que le choix du lieu, mais aussi celui de la structure qui va accueillir l’Opéra et l’orchestre doit recevoir un soin très particulier. Des bruits courent comme quoi la Ville d’Avignon pourrait louer un des halls du Parc des expos, ou encore accueillir une structure extérieure sur le Parc…

Je ne suis pas convaincue – si ce choix était confirmé – que, vue l’architecture du complexe et la diversité des expositions accueillies, d’une part le public de l’Opéra suive, d’autre part que de grandes pointures d’envergure internationale acceptent de se produire dans un tel cadre, enfin que l’acoustique permette de sublimer les œuvres.

Monsieur le Président, en commission Culture, l’attention des élus a été attirée sur l’attractivité de notre territoire. Vue la conjoncture économique actuelle, nous nous devons de garder une offre culturelle de qualité et à la hauteur d’une ville comme Avignon.

Je vous remercie. »