Il n’est de période plus cruciale dans la vie d’une entreprise que celle de la fin d’année…
Oui, mais vous allez me dire que les commerçants vont voir leur chiffre d’affaire croître avec la période des fêtes. Mais c’est malheureusement aussi la période où l’Etat, les communes et les agglomérations comptent bien aussi remplir leur cassette !
On ne peut plus cacher que le Vaucluse, notre Vaucluse est le département le plus pauvre de PACA, détenant même la 6ème place des départements les plus pauvres de France. Oui et alors me direz-vous : et bien il est quelques chiffres clés en cette fin d’année qui prennent toute leur explication.
Le Vaucluse est riche de son tissu de petits commerces, d’artisans et d’agriculteurs. La grande majorité de ces entreprises n’emploie pas de salariés (72,5%). Il n’est pas étonnant de voir notre taux de chômage, au 1er Octobre 2016, exploser à 12,6% alors que la moyenne nationale est de 10,2% !
Or, le Vaucluse compte plusieurs agglomérations qui votent le taux d’assiette fiscale pour les entreprises. Et s’il en est une qui tient le haut du pavé, c’est bien le Grand Avignon !
Le Grand Avignon, une fois encore, obtient une place sur le podium national : 3e agglomération la plus chère de France pour la CFE (Cotisation Foncière des Entreprises) ! Un taux de 37,42% alors que la moyenne nationale est de 25,95%…
S’il est évident qu’au niveau local, il n’est pas possible d’ agir sur le RSI, véritable racketteur des entreprises, en revanche, les agglomérations disposent d’un levier fiscal, à travers la CFE, pour les petites entreprises, les commerces, les artisans, n’excédant pas 500.000 € de chiffre d’affaire, les 5 premières tranches d’imposition (0-10.000, 10.001-32.600, 32.601-100.000, 100.001-250.000 et enfin 250.001-500.000), tranches qui concernent 72,5% de nos entreprises vauclusiennes, et 80% de celle de l’agglomération Grand Avignon.
Par un tour de passe-passe, Mme Cécile Helle est devenue la présidente de la commission des finances du Grand Avignon, M. Roubaud y trouvant certainement un intérêt… En lui laissant les finances il est certain de se voir attribuer une majorité qu’il n’a plus au sein de cette agglo !
Lorsqu’on connaît l’attachement de cette bonne dame au commerce local : délaissement du centre-ville (+ de 200 commerces ou enseignes libres de bail), abandon du marché de Noël,… bref tout ce qui peut donner de l’air aux commerces de proximité…
Comment peut on confier les finances à un pur produit de l’administration, à une personne qui n’a jamais été confrontée aux difficultés quotidiennes de la gestion d’une entreprise. L’entreprise : créatrice de richesses dans notre pays. L’entreprise : derrière ce vilain mot pour beaucoup de nos socialistes, des femmes et des hommes qui prennent des risques et… financent quotidiennement la gabegie de nos dirigeants.
Comme il est facile de se projeter dans des travaux pharaoniques (tram par exemple), de distribuer des subventions à tout bout de champ… Avec l’argent des entreprises.
N’aurait-il pas été plus judicieux de donner une bouffée d’oxygène à nos entreprises afin qu’elles créent des emplois et ce, en ramenant la CFE à un taux proche de la moyenne nationale ?
Comment ne pas s’étonner de voir notre agglomération se paupériser un peu plus chaque jour, alors que la taxe foncière tient également le haut du tableau avec un taux à 22,79% (la moyenne nationale est de 20,52%) ?
Alors oui, continuons à accueillir des migrants, continuons à donner des millions d’euros dans le cadre de la politique de la ville… sur le dos des entreprises, donnons toujours plus aux autres qu’aux nôtres et tout ira bien !
Karine Clément, chef d’entreprise