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Carpentras, le 17 mai 2016

Mesdames et Messieurs,

Merci tout d’abord pour votre présence.

Pourquoi avons-nous souhaité faire cette conférence de presse, élus régionaux de Vaucluse, élus départementaux, représentés par Hervé de Lépinau, aussi suppléant de Marion Maréchal-Le Pen, ainsi que la Fédération de Vaucluse de notre mouvement, représentée par Georges Michel, secrétaire départemental adjoint ?

Marion Maréchal-Le Pen vous demande de bien vouloir l’excuser. Elle est retenue à l’Assemblée où, du reste, elle doit intervenir cet après-midi à propos de la ratification de la COP 21.

Bientôt un semestre que la nouvelle assemblée régionale a été élue dans les conditions que vous savez. Il est donc plus que grand temps de pointer les incohérences – rien d’étonnant avec M. Estrosi- et pire, peut-être, les insultes faites à la démocratie représentative, fondement même de notre République.

Nos concitoyens de Vaucluse doivent savoir. Ils doivent savoir le mépris avec lequel M. Estrosi ainsi que ses colistiers, notamment de Vaucluse, M. Aubert en tête, traitent les élus Front National qui représentent, rappelons-le, plus de 45 % des suffrages dans toute la région et 51% dans ce département.

Nos concitoyens doivent savoir le double langage de MM. Estrosi et Aubert. Il y a le discours que l’on tient lorsque l’on est sur les marchés et le discours que l’on tient et les actes que l’on pose lorsqu’on est derrière les murs du Conseil régional.

Ce sera donc le sujet central de notre conférence de presse. Mais, bien évidemment nous sommes tout disposés à répondre à toutes vos questions sur les sujets les plus divers.

Deux événements récents illustrent parfaitement cette façon d’être et de faire de MM. Estrosi et Aubert, et pour tout dire, de l’ensemble des élus de la majorité régionale.

Le premier remonte au 8 avril. Ce jour-là, le groupe Front National a proposé à l’ensemble des élus d’adresser au gouvernement une demande de dissolution de l’Union des Organisations islamiques de France (UOIF). Comme vous le savez, cette association, bien implantée dans la région, est l’émanation en France de la mouvance islamiste des Frères Musulmans, organisation interdite dans plusieurs pays musulmans. A de nombreuses reprises, l’UOIF a invité dans ses mosquées des imams, des prédicateurs haineux, tenant souvent des propos antisémites caractérisés.

C’est parce que notre région est particulièrement touchée par le développement de l’islamisme que nous avons demandé ce geste fort.

Evidemment, cette proposition a été rejetée par l’ensemble des élus LR, UDI et Modem, constituant la majorité régionale. Dans notre département Mme Bouyac, conseillère municipale de Monteux, Mme Martin, conseillère municipale de Malaucène, M. Biscarrat, maire de Jonquières, M. Sauvageon, adjoint au maire de Pertuis et, bien évidemment, M. Aubert, ont voté contre notre proposition.

Ces élus se sont plaints sur les réseaux sociaux que le Front National ait dénoncé leur prise de position, notamment par voie de tract. Ils ont même parlé d’attaque « ad hominem ». Et bien, je (Anne-Sophie Rigault) vais vous faire une confidence : j’ai voté POUR cette demande. Faire de la politique, notamment lorsqu’on est élu, c’est assumer ses choix, ses décisions, ses prises de position. Visiblement, les élus LR-UDI de Vaucluse ont du mal à assumer leur choix.

M. Aubert – prenons quelques instants pour sourire – a même déclaré sur les réseaux sociaux qu’il avait dû quitter l’assemblée régionale et qu’il avait donné pouvoir à sa voisine ! Personnellement (Anne-Sophie Rigault), élue municipale, communautaire et régionale, lorsqu’il m’arrive – très rarement, à la différence de M. Aubert, visiblement coutumier du fait -, de donner mon pouvoir, j’assume le vote de la personne à qui j’ai donné pouvoir…

Mesdames et Messieurs de la presse, vous avez sans doute pris connaissance du communiqué de presse de M. Aubert sur ce sujet, communiqué en date du 13 mai.

Je voudrais y revenir et en démontrer les incohérences, les imprécisions, voire le caractère mensonger.

M. Aubert affirme que la région n’a pas le pouvoir de dissoudre l’UOIF, que ce n’est pas dans les compétences de la région en charge notamment de l’économie, des transports. C’est vrai et nous n’avons jamais dit le contraire. Mais quand M. Vauzelle débloquait 3 millions d’euros pour les migrants, toutes affaires cessantes et ce, hors du champ de compétence de la région, cela ne choquait pas plus que ça les amis de MM. Estrosi et Aubert qui s’abstinrent hypocritement. L’affaire remonte à l’automne 2015. Hier.

En revanche, il faut savoir que la région a tout à fait le droit, le pouvoir de soumettre au gouvernement des vœux. Je le répète, il s’agissait de faire un geste fort qui aurait montré la détermination d’une collectivité territoriale à lutter contre l’islamisme.

Visiblement, c’est au-dessus des forces de MM. Estrosi et Aubert.

M. Aubert conclut son communiqué en écrivant «  Qui d’ailleurs pourrait bien sérieusement douter de la détermination de Christian Estrosi dans la lutte contre l’islamisme radical? »

Qui ?

Nous.

Nous, et notre doute s’alimente des tergiversations de M. Estrosi, de sa passivité vis-à-vis de l’islamisme radical, ne serait-ce que dans sa ville de Nice. Dernier exemple en date. Pas plus tard que le 17 avril, Nice accueillait Hani Ramadan, le frère de l’autre, à l’occasion d’une conférence. Cet Hani Ramadan qui explique doctement que la lapidation est une forme de purification, que c’est une mesure dissuasive mais difficilement applicable ! Propos repris, dans Nice-Matin à cette occasion. Est-ce que M. Estrosi, premier magistrat de la ville, a fait quelque chose pour que cette réunion – publique puisque relayée par la presse – ne se tienne pas ? Non. Est-ce que les amis de MM. Estrosi, Aubert et consorts, sont venus manifester, comme l’ont fait certains de nos élus ? Non.

Vous comprendrez donc notre doute sur la détermination de Christian Estrosi en matière de lutte contre l’islamisme radical…

Le second événement remonte à jeudi dernier. Je veux parler bien évidemment de la fameuse « conférence régionale ». Christian Estrosi avait prévu initialement de la réunir en catimini, sans que son opposition régionale – c’est-à-dire nous – ne soit mise au courant. Comme tout se sait aujourd’hui, nous lui avons un peu gâché sa fête.

Nous le disons très solennellement, cette « conférence régionale », sorte d’assemblée parallèle, est un déni de démocratie. C’est une insulte aux presque 900.000 électeurs qui ont voté pour notre liste au second tour des élections régionales (plus de 115.000 dans le Vaucluse quand M. Aubert rassembla moins de 38.000 voix au premier tour !). C’est une insulte, plus largement et peut-être plus gravement, au principe même de la démocratie représentative, principe inscrit dans notre constitution.

On notera au passage que M. Estrosi veut introduire dans cette assemblée des représentants des différents cultes. Une première dans notre république laïque ! On ignorait, du reste, que les cultes avaient compétence en matière de transport et d’économie ! Je reprends là, les arguments de M. Aubert à propos de notre proposition sur l’UOIF…

Cette assemblée est une façon pour M. Estrosi et M. Aubert d’éviter, contourner, ignorer son opposition régionale, la seule légitime et légale, c’est-à-dire, le Front National. Je laisserai d’ailleurs Hervé de Lépinau dire un mot sur l’abus de pouvoir que constitue cette assemblée fantoche. Car nous n’en resterons pas là.

Cette conférence s’est donc rassemblée et M. Castaner (16% au premier tour) qui s’était pitoyablement retiré en décembre, n’a pas tardé de retrouver sa morgue et son arrogance habituelles. Ne s’est-il pas offusqué de ce que « la liberté d’expression, de contradiction, d’opposition » soit réduite à dix minutes ? Il réclame maintenant «  la communication de tous les rapports présentés en assemblée plénière et en commission permanente en amont de chaque session ».

Tant qu’à faire, veut-il aussi notre siège et notre écharpe d’élu ?

Comble de l’insulte, M. Estrosi a même osé rassembler cette conférence dans l’hémicycle régional.

M. Estrosi, tout comme M. Aubert, dans cette mascarade grotesque, sont à la fois otages et complices des socialistes.

Une complicité qui au final se décline à tous les étages : régional, départemental, municipal.

Hervé de Lépinau pourrait en parler bien mieux que moi, pour ce qui est du niveau départemental.

Rappelons que M. Adolphe à Carpentras doit son élection en 2014 au maintien de Julien Aubert, fort de ses 14%. Julien Aubert s’est depuis exfiltré du conseil municipal où, il est vrai, il ne brillait pas par son assiduité. Depuis, ses 2 colistiers continuent à voter pratiquement tout comme la gauche.

A l’échelon départemental, M. Chabert, élu au bénéfice de l’âge  – j’allais dire au bénéfice du doute – gouverne à la godille, otage lui aussi de la gauche. Celle-ci, pas d’accord avec son budget 2016, s’est abstenue finalement en mars plutôt que de voter avec le Front National.

« Cohérence démocratique » comme dirait Mme El-Khomry !

Et à l’échelon régional, je viens d’en parler… Inutile d’y revenir.

Tout se tient. Tous se tiennent. Un seul but : garder sa place.

Voila donc tout ce que le Front National dénonce. Voila ce que les citoyens de Vaucluse doivent savoir. On voit bien que le système est usé jusqu’à la corde. La corde de ces pendus que sont M. Chabert, ici en Vaucluse, comme M. Estrosi à la région. Une corde tenue par la gauche qui ne représente pourtant plus grand-chose dans le corps électoral, ici en Vaucluse comme dans la région, si ce n’est en France.

Le Front National dénonce. Mais, mieux, il propose aussi. Il propose tout simplement que l’on suive l’exemple de nos maires dont l’action, comme chacun sait, est plébiscitée.

Et cela mériterait en soi une autre conférence de presse…

Anne-Sophie Rigault, Conseillère régionale

Hervé de Lépinau, Conseiller départemental de Vaucluse

Georges Michel, Secrétaire départemental adjoint du Front National de Vaucluse