DECLARATION AU NOM DU GROUPE CARPENTRAS BLEU MARINE

Cette séance du conseil municipal s’ouvre sous le signe des paradoxes. Ainsi, certains élus de l’opposition ont décidé de se mettre en marge de leur groupe au motif d’une nécessaire « union des droites » : le concept novateur de l’union par la division est né dans l’esprit fécond de certains. Mais une assemblée locale est-elle l’endroit le plus adapté pour ce type d’expérimentation ?

En effet, est-il encore nécessaire de rappeler que dans le cadre d’un scrutin de liste, le nom des uns et des autres importe peu : c’est l’étiquette et le programme qui emportent la conviction des électeurs, nos modestes personnes n’étant que secondaires. Aussi, quand l’un de ces critères ne convient plus, il faut avoir l’humilité de démissionner de son mandat, ne serait-ce que pour permettre à celui ou celle qui suit sur la liste (et qui aussi a fait campagne) de connaitre cette belle expérience d’élu municipal. Avoir des principes, c’est bien. Les mettre en œuvre, c’est mieux.

Les 42,15% d’électeurs qui ont manifesté leur confiance à la liste Carpentras Bleu Marine en 2014 sont aujourd’hui trompés par celles et ceux qui se sont affranchies de la loyauté la plus élémentaire qu’ils doivent avoir, non pas vis-à-vis de leur groupe ou de son représentant, mais de ces mêmes électeurs.

L’autre paradoxe niche au cœur de la majorité municipale. Certains de ses membres ont manifestement rejoint cet autre concept novateur qu’est La République En Marche et sa volonté de mettre à mal l’ancien monde, avec pour feuille de route la fameuse « moralisation de la vie publique ». De toute évidence, à Carpentras, la morale a pris un coup de vieux, pour ne pas dire dans la coque, quand cette majorité de gauche reste soudée derrière son maire pourtant reconnu coupable par la Cour d’Appel de Nîmes de faits de violences conjugales, avec à la clé une peine d’inéligibilité de 5 ans. Les associations féministes sont restées silencieuses, les femmes qui composent cette majorité semblent s’en accommoder, à l’image de l’officier de gendarmerie à la retraite, de l’adjoint à la sécurité, ancien policier et de l’honorable chevalier dans l’Ordre de la Légion d’Honneur qui siègent à nos côtés.

Certes, un pourvoi en cassation suspend les effets de cette peine infamante, mais la culpabilité en fait a été reconnue par la Cour d’Appel, la Cour de Cassation n’étant que le juge du droit.

La moralisation de la vie publique ne peut se satisfaire de ce paradoxe et exige que notre conseil ne soit plus présidé par un justiciables sur lequel pèse des indices graves et concordants d’avoir commis le délit de violences volontaires aggravées.

C’est pourquoi les élus du groupe Carpentras Bleu Marine ont décidé de ne plus siéger tant que Monsieur Francis Adolphe présidera le Conseil Municipal.

 

Hervé de Lépinau

Marie Thomas de Maleville

Noémie Rayé