Marion Maréchal-Le Pen interroge M. le ministre des affaires étrangères et du développement international sur la position de la diplomatie française vis-à-vis de l’Arabie Saoudite.
La décapitation d’un dignitaire chiite en Arabie Saoudite a entraîné l’exacerbation de tensions religieuses manifestées notamment par une crise diplomatique entre Etats confessionnels chiites et sunnites du Moyen Orient.
Cette exécution perpétrée par le régime wahhabite intervient dans un contexte où se multiplient les conflits par procuration entre l’Iran et l’Arabie Saoudite, à l’image de la guerre en Syrie ou au Yémen. Le régime saoudien, financier de l’Islamisme, apporte son soutien à des groupes terroristes agissant sur le sol syrien, tel que Front Al-Nosra, après avoir financé l’Etat islamique avec qui il partage une lecture religieuse totalitaire. De nombreux donateurs privés saoudiens continuent d’alimenter le djihadisme, utilisé comme exportation guerrière de la doctrine rigoriste des princes saoudiens. Dans un même temps, suite à l’accord de Vienne intervenu le 14 juillet 2015 sur le nucléaire iranien, l’Iran entame sa réintégration progressive dans le concert des Nations. Son combat contre le terrorisme en Syrie, au Liban ou en Irak et sa reconnaissance des minorités confessionnelles contrastent avec l’obscurantisme saoudien, appliqué à renverser les régimes qui stabilisent le Moyen-Orient et à lutter contre toutes les formes religieuses non-sunnites.
La diplomatie française, enfermée dans une posture anti-iranienne et pro-sunnite, s’est contentée de « déplorer» l’attitude belliqueuse de l’Arabie Saoudite, pourtant prête à déstabiliser la région pour conserver son leadership. Elle demande si les autorités françaises entendent condamner l’attitude de l’Arabie Saoudite. Elle souhaite que soit engagé un rééquilibrage de la diplomatie hexagonale au Moyen-Orient au profit du combat contre le terrorisme salafiste.