Marion Maréchal-Le Pen interroge le secrétaire d’État aux Affaires européennes au sujet du projet Frontex.
En décembre dernier, la Commission européenne a adopté le projet d’un corps européen de gardes-frontières et de gardes-côtes. Ce paquet « Frontières » confère à FRONTEX des prérogatives intrusives dans la souveraineté des États membres via la possibilité d’intervenir sans l’autorisation ni la volonté des États européens pour gérer le flux des migrants aux frontières extérieures.
Pourtant, le règlement européen permet une coopération avec les pays tiers d’où partent les migrants. Cela pourrait donner lieu à des interventions de FRONTEX dans les eaux territoriales des pays de départ. Dans cette perspective, le secrétaire d’État aux affaires européennes a rappelé, lors de son audition par la commission des affaires étrangères le 13 janvier dernier, que l’Union européenne envisage des pourparlers avec un futur gouvernement libyen d’union nationale dans l’optique de prolonger l’opération de lutte contre les passeurs jusque dans les eaux territoriales de la Libye.
Au lieu de réformer des outils éculés et inefficaces aggravant la perte de souveraineté des États membres, elle demande s’il ne serait pas plus opportun d’opter pour des accords bilatéraux avec les pays de départ des clandestins tels que la Libye, la Tunisie, la Turquie, la Mauritanie afin d’autoriser FRONTEX à patrouiller dans leurs eaux territoriales, permettre à l’agence européenne d’arraisonner les embarcations des passeurs à leurs points de départ et procéder à leur élimination. Au regard de l’échec du plan d’action de 3 milliards d’euros passé avec la Turquie, elle demande ce qu’envisagent les instances européennes pour contraindre le gouvernement turc à endiguer les flux de migrants. La coopération dans la crise des migrants ne peut pas uniquement être gérée via un mécanisme d’aides financières dispendieuses pour les États membres.