« On ne peut pas vouloir défendre nos territoires sans avoir le souci de l’emploi local« . Lors du conseil communautaire de la CoVe, le 18 avril dernier, le groupe FN/RBM a demandé à ce que soit inséré dans les appels d’offres publiques une clause permettant d’empêcher les entreprises locales d’employer des travailleurs détachés ne parlant pas français.

Pour ceux qui ne connaissent pas ce dispositif européen, le système des travailleurs détachés permet aux entreprises d’employer des salariés étrangers en payant les charges de leur pays d’origine. Ce dispositif favorise une concurrence déloyale au détriment des emplois en France et pèse très lourd dans notre économie.

Selon les chiffres établis par le Conseil Économique Social et Environnemental dans un rapport d’avril 2015, le nombre de travailleurs détachés atteignait 212.641 personnes en 2013, dont 43% dans le BTP. Certains l’estiment beaucoup plus élevé, compte tenu de la fraude et l’évaluent à 500.000. La plupart de ces travailleurs viennent du Portugal, de Pologne ou de Roumanie, avec des charges sociales moins élevées qu’en France. Malheureusement, les règles   ultralibérales de l’Union européenne ne nous permettent pas légalement de refuser d’employer des travailleurs détachés.

Nous avons donc demandé à intégrer aux appels d’offre de la CoVe une clause stipulant que, pour des raisons de sécurité, les travailleurs détachés intervenant sur des chantiers financés par notre collectivité devront parler et comprendre le français sur leur lieu de travail. Si tel n’était pas le cas, l’entreprise devra prendre à sa charge les services d’un interprète. Ainsi, à défaut de ne pas pouvoir interdire les travailleurs détachés, nous pourrons faire en sorte qu’ils reviennent plus chers pour favoriser la main-d’œuvre locale.

Julien LANGARD

Conseiller communautaire FN à la CoVe