Longtemps, j’ai cru – l’étant moi-même[1]  – qu’être issu d’une grande école vous préservait, non pas d’être sot, mais tout du moins de dire des sottises. Les derniers propos de M. Julien Aubert, député de la 5e circonscription de Vaucluse, dans son éditorial[2] « facebooké » ce week-end nous montrent qu’il n’en est rien. En effet, M. Aubert, véritable démiurge de Vaucluse, sonde désormais les reins et les âmes et s’autorise à délivrer publiquement des brevets de catholicité aux responsables du Front National de ce département.

Passons sur cette curieuse fixation – une manie semble-t-il chez les élus « Républicains » de Vaucluse – sur les gens « à particule » du Front National. Curieux, effectivement, de la part de membres d’un parti dirigé par M. Sarkozy de Nagy-Bocsa ! C’est la seconde fois en moins d’un mois que les hiérarques LR de Vaucluse s’en prennent ainsi aux « personnes à particule du FN ». On croyait que la leçon d’Hervé de Lépinau à M. Jean-Baptiste Blanc sur ce sujet avait été comprise par tout le monde. Visiblement non. Alors nous allons la répéter pour M. Aubert qui devait avoir piscine ce jour-là. Le 4 août 1789, les privilèges de l’Ancien Régime ont été abolis et la Constitution prévoit à présent que les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits : distinguer des personnes en raison de l’origine de leur nom de famille constitue une faute morale qui fait écho aux heures les plus sombres de notre Histoire. Alors que M. Aubert cesse de faire référence aux origines familiales des uns et des autres. Jusqu’à présent, il frôlait  souvent le ridicule ; il est en train tout doucement de frôler la correctionnelle !

En tout cas, il n’y a de vraie noblesse que celle de l’âme. Les propos de M. Aubert me font malheureusement douter qu’il puisse un jour entrer dans le dictionnaire de cette véritable noblesse !

Venons en maintenant au cours de catéchisme de M. l’abbé Aubert, nouveau Grand Inquisiteur de Vaucluse. Un catéchisme que l’on dirait, du reste, sorti tout droit d’une page Wikipédia. Oser invoquer des considérations pseudo-religieuses dans le débat public : il fallait le faire. M. Aubert l’a fait et cela relève, convenons-en, d’un pharisianisme grossier. M. Aubert serait bien inspiré de lire ou relire la doctrine sociale de l’Eglise. A l’appui de cette doctrine, le pape Benoît XVI reconnaissait d’ailleurs en 2010 le droit aux Etats de réglementer leurs flux migratoires. Comment pourrait-il en être autrement lorsqu’il en va de la survie même de notre civilisation ? La collaboration active de M. Chabert et de la plupart des élus Républicains à la politique immigrationniste des socialistes concoure tout simplement à entretenir l’appel d’air qui nous amènera toujours plus de migrants dans notre pays, dans notre département, dans nos villes et nos villages. Le gouvernement des peuples ne relève pas de la charité individuelle. M. Aubert devrait le savoir, lui qui se targue d’être un lointain héritier du général de Gaulle, grand chrétien, comme chacun sait.

Toujours dans sa tribune, M. Aubert évoque les « clins d’œil discrets à un électorat choqué par la loi Taubira ». Au Front National, on ne cligne pas des yeux sur ce sujet, contrairement aux Républicains où l’on semble avoir la main qui tremble (rappelons les tergiversations honteuses de M. Sarkozy dans ce débat). Le Front National, s’il arrive au pouvoir abrogera la Loi Taubira. Un point c’est tout. L’on voit bien que s’il y a clins d’œil, c’est bien ceux de M. Aubert en direction de la gauche de ce département. En 2012, ce fut en direction des électeurs du Front National – nous lui ferons la charité de ne pas revenir sur ce sujet- ; visiblement l’approche de 2017 et des élections législatives dans une circonscription où la gauche est encore vivace, conduit désormais M. Aubert à cligner de l’œil gauche en délivrant, en guise de prêche, un gloubi-boulga insane.

En tout cas, si l’on peut donner un conseil à M. Aubert, c’est de cesser de mêler au débat politique des considérations pseudo-théologiques mal assimilées et d’arrêter ses attaques ad hominem. En bref et en guise de prière toute républicaine : si M. Aubert pouvait enfin faire de la politique !

Georges Michel

Secrétaire départemental adjoint du Front National de Vaucluse

[1] Saint-Cyr (1980-1982)

[2] Voici cet éditorial de M. Julien Aubert : « EDITO : Lettre à tous ceux qui pensent que le Front National abrite un morceau de la vraie-croix.

C’est la polémique du week-end. Vendredi, le Conseil Départemental de Vaucluse a voté, à la demande du préfet et d’extrême justesse, la mise à disposition de l’auberge de Bonpas pour accueillir des migrants. Le FN et la Ligue du Sud, comme un seul homme, ont voté contre. La Gauche, pour. Les Républicains, quant à eux, se sont divisés sur la question (4 pour, 2 abstentions, 6 contre), ce qui permet au FN de parler de « soumission idéologique à la Gauche » et de « traitrise ».

Le doute et le questionnement intérieur sont un signe d’intelligence. Le FN ne doute jamais, et pour tous ceux qui, de confession chrétienne, votent pour lui car ils ont l’impression que Marion Maréchal le Pen incarne une Droite catholique décomplexée, il devrait y avoir largement matière à réfléchir.

Certains hiérarques locaux du FN, avec ou sans particules, aiment à penser que les églises sont leur base arrière face à un Islam qu’ils jugent conquérant. Ils s’y montrent donc, tout endimanchés, figures morales d’un catholicisme dur, identitaire et intransigeant. Cela leur permet de vivre une foi que je leur souhaite sincère tout en faisant des clins d’oeil discrets à un électorat choqué par la loi Taubira. Allier l’utile à l’agréable en somme, quitte à parfois se faire gentiment virer par le curé en place qui sait repérer les « nouveaux marchands du temple »et leur petit business mercantile.

On pourrait leur poser bien sûr une question simple, mais aussi à tous ceux qui les suivent : À quoi sert de réciter par coeur l’Evangile avec une présence assidue à la messe et de refuser à un « migrant » un foyer ? N’y a t il pas là une forme de contradiction pour ne pas dire d’hypocrisie ?

Bien sûr, le problème n’est pas seulement éthique : nous sommes confrontés à des difficultés financières et sociales qui nous imposent de durcir nos dispositifs pour ne pas envoyer de signal à ces pays en guerre. Mais pourquoi ne pas accepter, du moins à Droite, qu’entre l’angélisme universaliste béat de la Gauche et la xénophobie pure et simple, il y aurait matière à douter et à pondérer différemment impératif éthique et raison d’Etat ? C’est ce que les Républicains ont fait au Conseil Départemental, en réfléchissant à la question posée et en pondérant différemment les impératifs. Peut être certains se sont rappelés cette phrase de la Bible : « Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites », ce que dans le tryptique républicain, on appelle la Fraternité. »