Faute d’être un homme de pouvoir (à Dieu ne plaise !), Julien Aubert, député de la 5e circonscription de Vaucluse, vice-président au Conseil régional de PACA, ancien conseiller municipal de Carpentras, est incontestablement un homme de pouvoirS.

Pouvoir  – certes assez restreint – de faire prendre, à qui veut bien l’entendre, des vessies pour des lanternes. On connaît la fable que propage M. Aubert depuis bientôt 4 ans à travers le Comtat : Marion Maréchal-Le Pen aurait gagné en 2012 dans la 3e circonscription, grâce à une entente avec les socialistes (on n’a pas encore eu droit au complot des Templiers !) quand, de son côté dans la 5e, il n’aurait jamais négocié le retrait de la candidate Bleu Marine… On ne parlera pas de l’improbable et contre-façonné Rassemblement Bleu Lavande, les temps n’étant pas à la galéjade.

Pouvoir de faire gagner la gauche socialo-écolo-communiste à Carpentras en 2014 par un maintien assez pathétique. Maintien qui lui permit donc d’entrer au Conseil municipal de Carpentras avec M. Laval à qui il donnait régulièrement pouvoir de voter à sa place, ayant sans doute mieux à faire ailleurs. Et finalement pour démissionner en décembre 2015, une fois élu au Conseil régional. Les électeurs qui lui restèrent fidèles jusqu’au bout, de toute bonne foi, apprécieront. Tout ça pour ça !

Pouvoir, enfin, le dernier en date, donné le 8 avril lors de l’assemblée plénière du Conseil régional, car là encore, tout comme à Carpentras, M. Aubert avait encore sans doute mieux à faire ailleurs, ce qui n’est pas contestable.

Lors de cette plénière, conformément à la législation, le groupe Front National a proposé que soit adressé un vœu au gouvernement appelant à prononcer la dissolution de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), organisation particulièrement puissante dans notre région et dont on connait les liens avec les Frères Musulmans, organisation reconnue comme terroriste. Cette proposition, à la demande de M. Estrosi, a été rejetée par l’ensemble des élus de la majorité régionale (LR-UDI-Modem). Le Front National a donc informé par voie de tract de cette prise de position afin que les choses soient bien claires pour tout le monde dans la région et en particulier dans notre département.

M. Aubert s’en est offusqué sur les réseaux sociaux et a déclaré : « Je ne comprends pas ce qui autorise le FN à utiliser mon nom dans cette affaire, qui ne me concerne pas». M. Aubert affirme qu’il a donné pouvoir à sa voisine, ayant dû quitter la séance. Une affaire qui ne le concerne pas ! Donner pouvoir, c’est faire un minimum confiance à la personne à qui l’on confie son vote, c’est assumer la responsabilité du vote pris en son nom propre, d’autant plus lorsque que l’on appartient au même groupe politique.

Non concerné à Carpentras, non concerné à Marseille : décidément, une constante chez cet homme de pouvoirs.

Georges Michel, secrétaire départemental adjoint du Front National de Vaucluse