Lettre ouverte de Guy Bernard, élu municipal FN-RBM de Carpentras Bleu Marine

Carpentras, le 3 octobre 2014

Monsieur le Président,

Le 25 septembre 2014 à 16 heures, la commission Tourisme de la COVE s’est tenue afin d’élire son président. Je veux attirer votre attention sur les conditions particulières dans lesquelles cette élection s’est déroulée, conditions qui selon moi ont révélé le manque de savoir-vivre d’un certain élu et je dirais même plus, sa conception très particulière qu’il se fait de la démocratie.
Alors que la réunion n’avait pas débuté et que nous en étions aux civilités d’usage, M. le Maire de Flassan nous fit remarquer que, contrairement au règlement, deux représentants de sa commune étaient présents, à savoir sa suppléante et lui-même. Cependant, il nous précisa d’emblée que seule sa suppléante participerait à la réunion et voterait, puisque il ne pourrait rester plus longtemps étant appelé par ailleurs.
La séance s’ouvrit, présidée par un vice-président et un appel à candidature fut alors lancé. Deux candidats se présentèrent : M. le Maire de Bédoin et moi-même, élu de Carpentras.
C’est alors que, sans doute pris d’un vif et subit élan de savoir-vivre, M. le Maire de Flassan se lança dans une envolée passionnée et « citoyenne » pour expliquer à la commission que le « savoir-vivre électoral » (je le cite) commandait de ne pas se présenter contre le candidat officiel du président (j’allais dire du Parti !), ni contre un maire candidat ! J’ignorais cette règle de savoir-vivre électoral, vous me le pardonnerez. J’ignorais même que c’était une règle démocratique. Et comble de tout, j’ignorais qu’il pouvait y avoir un candidat officiel, un peu comme sous le Second Empire, si je comprends bien et si j’ai bien retenu la leçon. Dont acte.
Vous voudrez bien, M. le Maire, me pardonner toutes ces ignorances, mais l’on apprend à tout âge, que voulez-vous. Je ne pensais pas non plus qu’en matière de savoir-vivre, l’outrecuidance était désormais la règle et qu’une bonne démocratie au pied du Ventoux commandait de voter comme et pour un seul homme. Je sais gré à M. le Maire de Flassan d’avoir bien voulu me tirer de mon ignorance. Je ne manquerai pas à l’occasion de faire appel à lui pour recevoir des cours de démocratie.
Néanmoins, j’espère que vous conviendrez avec moi, que le savoir-vivre aurait été aussi que M. le Maire de Flassan se retirât, étant représenté par sa suppléante et qu’il s’abstînt de prendre la parole afin d’afficher ses préférences électorales et par là-même, influencer un scrutin qui a lieu à bulletins secrets.
Aussi, ai-je l’honneur de vous demander de bien vouloir annuler cette élection et de convoquer les titulaires de cette commission pour de nouvelles élections dans le respect strict de la réglementation. En effet, alors que la Commune de Flassan ne devait être représentée à cette commission que par une personne, de fait c’est bien deux personnes qui étaient présentes à cette réunion : le Maire de Flassan pour intervenir en séance, sa suppléante pour voter (peut-être une forme de partage du travail entre les sexes, révélatrice d’un savoir-vivre d’une remarquable délicatesse).
Ne voyez, M. le président, aucune entreprise procédurière dans ma démarche, seulement la volonté que les choses se déroulent de façon irréprochable, tant dans la forme que sur le fond. Ce serait du reste aussi pour moi et peut-être pour d’autres élus, l’occasion de bénéficier d’une leçon supplémentaire de notre professeur de savoir-vivre électoral, la répétition étant la base de la pédagogie, comme chacun sait.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le président, l’expression de mes salutations comtadines.

Guy Bernard