Marion Maréchal-Le Pen interroge Mme. La Garde des sceaux sur les conditions de travail du personnel pénitentiaire.

Les gardiens de prison se sont mobilisés pour faire entendre leur légitime mécontentement par rapport à un environnement de travail qui ne cesse de se dégrader.
Les intimidations, les violences verbales et physiques se multiplient aussi bien dans l’enceinte carcérale qu’à l’extérieur des établissements. Le déploiement très partiel du plan Vigipirate autour des prisons favorise les attaques de commandos en possession d’armes de guerre ainsi que les projections d’objets extérieurs par des complices d’individus incarcérés. La radicalisation islamiste de certains détenus confronte le personnel à un phénomène dangereux face auquel il se trouve totalement démuni.
Les moyens consacrés au domaine pénitentiaire sont en constante diminution avec pour effet d’entraîner un sous-effectif chronique des agents de détention, aggravé par la surpopulation carcérale : un surveillant se voit contraint de gérer en moyenne 120 prisonniers. La surcharge de travail combinée à l’insécurité grandissante sont à l’origine d’une vague de départs (en moyenne six agents par mois quittent l’administration pénitentiaire depuis 2014) et d’une inquiétante inflation du nombre de suicides chez les pénitentiaires masculins, soit 21% de plus que la moyenne de la population. Cette profession paie les conséquences d’une politique laxiste plus soucieuse du bien-être des criminels et des délinquants incarcérés que de la sécurité des gardiens de prisons.
Afin de répondre aux besoins en effectifs des surveillants de prison, elle demande s’il est envisagé une réévaluation du budget consacré à l’administration pénitentiaire dont la hausse de 1% constatée dans le PLF2016 apparaît insuffisante. Par ailleurs, elle souhaite savoir quels seraient les outils mis en œuvre pour faire respecter l’autorité des gardiens constamment bafouée. Enfin, elle sollicite l’élaboration d’un plan national de formation en direction des gardiens de prison portant sur la détection et l’encadrement des profils islamisés, en y associant les représentants du personnel pénitentiaire.
L’article 57 de la loi pénitentiaire de 2009, interdisant la fouille systématique pour la population carcérale, devrait être revu pour éviter les intrusions d’objets contribuant au renforcement de l’insécurité dans les prisons.