Marion Maréchal-Le Pen alerte M. le ministre des affaires étrangères sur la nomination de l’ambassadeur d’Arabie Saoudite à la présidence du panel du conseil des Droits de l’Homme à l’ONU.
Faisal Trad, l’ambassadeur de l’Arabie Saoudite à Genève, a été nommé président du bureau du Conseil des droits de l’Homme (CDH) de l’ONU pour une année. Ce panel désigne les hauts fonctionnaires chargés d’édicter les standards internationaux en matière de droits de l’Homme et notamment de nommer les personnes appliquées à défendre ces droits et à informer sur leurs violations. Or, l’Arabie Saoudite bafoue les droits de l’Homme au quotidien. Un rapport d’Amnesty International relevait une accélération des exécutions depuis août 2014, soit en moyenne une tous les deux jours, faisant de la pétromonarchie le troisième pays recourant le plus à la peine capitale.
La peine de mort, pouvant être appliquée aussi bien aux mineurs qu’aux handicapés mentaux, est la conclusion d’une justice fondée sur la charia où l’absence d’avocat et l’usage de la torture permettent aux juges d’expédier les procès. Les sentences exécutées en public sont terribles : flagellations, lapidations, décapitations, crucifixions. Certains Saoudiens se retrouvent condamnés à mort pour adultère ou apostasie ; d’autres reçoivent des coups de bâton et sont jetés en prison pour défendre la liberté d’expression. Ni les libertés fondamentales, à l’instar de la liberté religieuse, ni les droits de la femme ne sont respectés sous le régime wahhabite. Ces faits connus de l’opinion internationale n’avaient pourtant pas entrainé la protestation des chancelleries occidentales lors de l’intégration de Riyad au CDH à l’hiver 2013.
Elle demande si la représentation diplomatique française à l’ONU entend dénoncer la nomination de l’ambassadeur saoudien au poste de président du panel du conseil des droits de l’Homme. Compte tenu des violations flagrantes des droits de l’Homme perpétrées par le régime wahhabite, elle voudrait savoir si la France soutiendrait une procédure de suspension du droit de l’Arabie Saoudite de siéger au conseil des droits de l’Homme.