Ainsi donc, le budget du Vaucluse pour l’année 2016 a été voté à une minorité écrasante : 12 conseillers – Républicains et alliés- sur les 34, composant le Conseil départemental, ont fait confiance au Président Chabert le 25 mars dernier.

Elu en 2014 au bénéfice de l’âge, M. Chabert fait passer son budget au bénéfice du doute : doute sur la signification de ces 16 abstentions. Qui ne dit mot consent, dit-on ! Pas certain. A peine sortie de la salle du Conseil, Sophie Rigaut, élue de gauche, s’est empressée de déclarer à la presse : « Cette abstention et son éventuel renouvellement sont conditionnés au respect de ses engagements ». On a quand même un peu de mal à suivre la logique de cette abstention ! En gros, Mme Rigaut semble nous dire que ce vote d’abstention est une nouvelle sorte de vote d’approbation en demi-teinte. Si les engagements n’étaient pas tenus, la prochaine fois il pourrait ne pas y avoir d’abstention. La gauche vauclusienne revisite le « oui, mais » qui eut son moment de gloire avec Giscard soutenant du bout des lèvres le général de Gaulle. M. Chabert qui se dit gaulliste social devrait apprécier. La majorité de M. Chabert ne tient donc qu’à un fil. Un fil qui ressemble à une grosse corde de pendu par laquelle la gauche tient désormais le président Chabert, le Mal Élu.

Mais au fond, comment pouvait-il en être autrement ? Lorsque le Conseil départemental actuel est issu d’une élection où, avec 45.500 voix, les LR et leurs alliés ont obtenu 12 sièges alors qu’avec plus de 80.000 voix, le Front National n’obtenait que 6 élus… Cherchez l’erreur !

On comprend alors qu’Hervé de Lépinau, chef du groupe FN au Conseil départemental ait demandé la démission de tous les élus. On comprend aussi que Jean-Baptiste Blanc, vice-président LR du Conseil ai rejeté cette idée en déclarant : « Dans un pays asphyxié par des élections tous les six mois, quel spectacle offririons-nous ? » Supprimons les élections, on respirera mieux ! Mais le spectacle, nous l’avons déjà sous nos yeux, celui d’une démocratie détournée. Ici dans le Vaucluse, comme à la Région par Christian Estrosi, l’inventeur d’un conseil régional parallèle, et ce avec la complicité d’une gauche finissante.

En tout cas, le Front National de Vaucluse prend acte que le bail précaire de M. Chabert est renouvelé pour un an…

Georges Michel, secrétaire départemental adjoint du FN 84