Par Georges Michel, contributeur à FN84.fr

Il est des expressions populaires dont nos hommes et femmes politiques aiment bien s’emparer, sans prendre garde parfois à l’effet boomerang qu’elles peuvent avoir. Ainsi, la ministre de la famille, Mme Rossignol a gazouillé au sujet de Marine Le Pen : « les chiens ne font pas des chats » et ce, suite aux propos de la présidente du FN quant à l’emploi de la torture pour lutter contre le terrorisme.
« Les chiens ne font pas des chats » : étonnante expression dans la bouche d’une socialiste qui doit certainement adhérer à l’idée qu’il faut arracher l’enfant au déterminisme familial selon l’expression désormais célèbre de Vincent Peillon. Ainsi, les méchants feraient des méchants, les idiots des idiots, les laids des laids, les voleurs des voleurs, etc… Alors, la bataille de l’ancien ministre de l’Education et de son successeur au sourire d’ange serait vaine, perdue d’avance. Qu’en est-il alors du progrès humain, si cher à Cambadélis ? A bien y réfléchir, rien de plus déterministe et donc d’antisocialiste que cette expression.
A propos de Mme Rossignol, ne pourrait-on pas aussi inventer de nouveaux proverbes ? Par exemple, une chienne reste une chienne ou bien une chatte reste une chatte, féminisation oblige et n’en déplaise à la très LGBT Najat qui ne doit pas être contre le fait qu’une chienne devienne un chien, ou une chatte un chat. Ancienne trotskiste et de la LCR, jamais on a entendu Mme Rossignol faire sa repentance.
« Les chiens ne font pas des chats ». Je serais à la place de certaines Excellences du moment, je demanderais à ma copine Rossignol de faire attention à ce qu’elle écrit. Lorsqu’on a des enfants familiers des commissariats ou des prisons, j’imagine que l’on ne doit pas entendre avec un ravissement extrême ce genre de locution populaire, populiste même, si elle était prononcée par d’autres. Imaginez ce que l’on peut dire le matin au café du coin : « Tiens, j’ai appris que Untel a son fils en taule. Tu parles, les chiens ne font pas des chats. Ça m’étonne pas qu’ils veuillent vider les prisons ».
« Les chiens ne font pas des chats ». Je serais M. Hollande, je demanderais aussi à Mme Rossignol d’arrêter de piller le patrimoine proverbial de notre vieux pays. Avec un père, en son temps favorable à l’Algérie française, sympathisant de Jean-Louis Tixier-Vignancour et candidat malheureux aux municipales de Rouen sur une liste d’extrême-droite en 1959 et 1965, il va bien se trouver un petit malin pour reprendre en boucle cette expression idiote. S’il faut commencer à expliquer que finalement les chiens peuvent faire des chats et inversement, il va falloir dire aussi qui est le chien et qui est le chat. C’est pas facile ! Plus difficile même que de décider qui a fait l’œuf et qui a fait la poule.
En tout cas, une locution, certes plus Vieille France que celle employée par Mme Rossignol, est absente dans la bouche des socialistes : « Bon sang ne saurait mentir ». On se demande pourquoi d’ailleurs…