imgres

 

 Les socialistes n’aiment pas l’Histoire de France. Voyez l’acharnement que met Mme Vallaud-Belkacem à terminer ce travail de démolition auquel, il faut bien le dire, les gouvernements UMP ont pris largement leur part. Un travail de longue haine de soi.

Les socialistes n’aiment pas l’Histoire de France. Sauf, évidemment, si elle a été revisitée par leurs soins. Revisitée, révisée, revue et corrigée ! Disons, pour employer un néologisme : « révisionnée » !

Et pourquoi ? Est-ce que c’est parce que l’étude de notre Histoire contemporaine leur rappellerait leurs propres turpitudes ? Peut-être.

Puisque nous venons de commémorer l’Appel du 18 juin, prenez, par exemple, la Seconde Guerre mondiale. En juin 40, le Parlement (Chambre des députés et Sénat) vota les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain. Parmi eux, plus de 150 députés SFIO (socialistes) et radicaux socialistes, les ancêtres politiques de nos socialistes et radicaux (de gauche et valoisiens).

Notre Vaucluse comptait à l’époque quatre députés : Edouard Daladier (radical socialiste), Charles Ruff (SFIO), Louis Guichard (radical socialiste), Pierre Vaillandet (SFIO). Le premier n’était pas présent lors du vote des pleins pouvoirs puisqu’il était à bord du Massilia. Louis Guichard vota les pleins pouvoirs mais entra par la suite dans la Résistance. Charles Ruff s’abstint au vote et s’engagea aussi dans la Résistance. Quant au socialiste Pierre Vaillandet, il vota les pleins pouvoirs, bascula dans la Collaboration et fut condamné par contumace en 1946 à la dégradation nationale. L’unique sénateur de Vaucluse à l’époque, Ulysse Fabre, qui appartenait au groupe de la Gauche démocratique, vota aussi les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain. Il fut relevé de son inéligibilité à la fin de la guerre pour faits de Résistance.

Que retirer de ces parcours vauclusiens ? Que les choses n’étaient pas aussi simples que cela et surtout, que la Gauche, en France comme dans ce département, n’a de leçons à donner à personne.

Et pourtant, elle ne se gêne pas. Ainsi, Mme Vinstock, adjointe de Christian Gros, maire socialiste de Monteux, écrivait sur sa page facebook le 19 juin dernier que la participation de Marion Maréchal-Le Pen et de Rémy Rayé aux cérémonies du 18 juin la faisait « gerber ».

Mais au fait comment se situaient politiquement les premiers hommes et femmes qui rallièrent le général de Gaulle en juin 40 ?

Jean-Louis Crémieux-Brilhac (1917-2015), historien de la Seconde Guerre mondiale, Compagnon de la Libération, que l’on ne pouvait soupçonner d’appartenir à l’extrême-droite, donna cette réponse à la revue L’Histoire en 2010 : « La plupart des militaires ralliés sont de droite et d’extrême droite, Action française et Croix-de-Feu. Le colonel de Larminat est violemment antiparlementaire et antisémite. Leclerc est plus discrètement antisémite ; il n’a pas quitté l’Action Française même après que cette organisation a été condamnée par le Vatican en 1926. Même si tous ne l’expriment pas clairement, ils rejettent largement la France de la IIIe République. Parmi les civils qui rallient Londres, il y a des patriotes et des nationalistes de tendance Croix-de-Feu, une minorité de républicains et de démocrates comme Cassin. De Gaulle dira : « Des Bretons, quelques Juifs et des aristocrates. » Il est vrai que, sur les 250 embarqués à Saint-Jean-de-Luz et à Bayonne, il y a une proportion assez élevée de Juifs, de noms à particule et de protestants, même si la majorité est catholique. Pas de communistes, pas de paysans, pas d’ouvriers, sauf quelques-uns venus des arsenaux de Bretagne. C’est la France des côtes qui est surtout représentée et, dans l’ensemble, plutôt la France des châteaux et de la bourgeoisie grande ou moyenne. Pour prendre la décision de partir, il fallait un violent refus de l’armistice ou, plus rarement, la connaissance de ce qu’est le nazisme.» C’est le point de vue d’un historien, du reste descendant d’une famille israélite du Comtat, qui rallia la France Libre au péril de sa vie en 1941.

Effectivement, les choses sont plus compliquées que veulent bien le laisser entendre nos socialistes montiliens qui n’ont rien à envier à leurs amis parisiens en ce qui concerne le sectarisme, l’amnésie ou l’ignorance. Bien loin des simplifications qui arrangent tant aujourd’hui…

Alors, sans vouloir tomber dans l’uchronie, on aurait envie de dire en lisant les propos de Jean-Louis Crémieux-Brilhac : « Hé Oh, la gauche »…

Georges Michel, secrétaire départemental adjoint du Front National de Vaucluse