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Avignon le 02 février 2017

 

A l’attention de Mesdames et Messieurs les Maires des communes de Vaucluse

Madame, Monsieur, le Maire,

Le courrier du 30 janvier 2017, que le Président du Conseil Départemental de Vaucluse vous a adressé dans le prolongement  de la séance publique du 27 janvier, m’amène à réagir et à rappeler certaines vérités.

Le budget primitif n’a pas été présenté au vote et la séance brutalement suspendue suite au rejet massif de la proposition faite par Monsieur Chabert  d’augmenter de 7% la part départementale de la taxe foncière. Rejet massif car 20 élus, toutes tendances confondues, ont voté « contre » et 14 « pour ». Il n’y a pas eu d’abstention.

Et au  Président de s’offusquer du résultat d’un vote  qui n’est pas celui qu’il aurait espéré. Les déclarations empreintes de certitudes concernant cette hausse d’impôt  qu’il avait pu faire à l’occasion de vœux dans les jours précédents la séance ont ainsi reçu un démenti cinglant.

Ce vote a par ailleurs rappelé à certains (qui feignaient l’avoir oublié) que Monsieur Chabert est à la tête d’un exécutif minoritaire (12 élus sur 34) pour avoir été élu au bénéfice de l’âge. Il est donc abusif de sa part de parler de « notre majorité unie au service de nos concitoyens » et de « majorité constructive ».

Cette situation atypique et unique en France exige de l’exécutif qu’il établisse le budget avec l’ensemble des forces en présence. Monsieur Chabert a préféré la solution du repli sur soi et le mépris des autres, pour construire « son » budget dans le secret de son cabinet avec pour seule perspective pour les Conseillers Départementaux : « C’est à prendre ou à laisser ».

Le groupe Front National que j’ai l’honneur de représenter, a toujours été transparent et a systématiquement annoncé, tant en commission des finances que par voie de communiqué, qu’il ne voterait pas le budget ni ne s’abstiendrait, partant du principe que certaines mesures d’économies proposées à l’exécutif ont été rejetées alors qu’elles étaient indispensables pour le devenir de notre collectivité.

Ainsi, jusqu’à présent, notre vote n’a pas gêné le Président Chabert puisque les budgets précédents sont passés du fait de l’abstention des élus de gauche. Mais aujourd’hui, notre vote est considéré  comme illégitime, pour ne pas dire irresponsable, par ce que d’autres élus nous ont, en conscience, emboité le pas.

Le Président a décidé de pratiquer l’attaque ad hominem pour se désoler du rejet de sa proposition de hausse d’impôt, en parlant de « choix des postures », de « comportements électoralistes », des « intérêts de certains » après m’avoir personnellement  mis en cause, pour au final vous exhorter à vous mobiliser « auprès de ces Conseillers Départementaux afin de les ramener à la raison » par ce que nous serions, selon ses dires, devenus «fous »…

Je tiens à vous rassurer quant à notre santé mentale et rappeler les motivations de notre vote :

  • Le Vaucluse est le 7ème département le plus pauvre de France et un nouvel effort fiscal peut devenir insoutenable pour nombre de nos concitoyens précarisés (retraités agricoles, chômeurs, parents isolés, artisans…) ;
  • L’Etat reste devoir au CD84 35 M€ au titre du RSA, reste à charge insupportable pour nos finances ;
  • Les Vauclusiens sont ulcérés par le poids grandissant de dépenses à caractère « sociale » perçues comme une forme de clientélisme ;
  • Le département du Gard a pu obtenir une rallonge de l’Etat de 8 M€ quand le Vaucluse s’est contenté de 65 000€…
  • Fort de ces constats, nous reprochons au président de la collectivité de manquer passablement de volonté politique et d’énergie pour se battre afin d’obtenir ce qui est dû aux vauclusiens. En bref, de ne pas être l’homme de la situation.

Et la baisse des dotations de l’Etat n’explique pas tout, comme l’a rappelé Monsieur le Préfet dans les médias,  après s’être étonné d’une certaine « personnalisation du pouvoir » en Vaucluse…. Les élus doivent faire des choix en se libérant de dépenses facultatives. Nous avons exprimés nos priorités : les routes, les collèges, la dépendance et le handicap, le SDIS, l’investissement par le biais de la contractualisation avec les communes.

Dans toute démocratie digne de ce nom, le rejet du budget est un désaveu adressé  à celui à qui incombe la responsabilité de le présenter, avec pour conséquence légitime la présentation de sa démission.

Faible de cet échec, Monsieur Chabert et son exécutif ont décidé de se maintenir, au risque d’en tenir les habitants de notre département comptable. Pour sa défense, après avoir usé de la technique du chantage aux subventions auprès des communes, il diffame certains élus et se retranche derrière la théorie du complot pour avoir soutenu sur France Bleu Vaucluse que certains conseillers auraient subi des pressions pour ne pas s’abstenir… Nous attendons les preuves de ces allégations.

Les derniers scrutins départementaux et régionaux ont démontré que les propositions que nous défendons sont majoritaires en Vaucluse et les résultats réalisés par le Front National sur votre commune en attestent. Les rejeter d’un revers de main n’est pas sans conséquences.

En conclusion, je tiens à vous signifier à nouveau la volonté qui anime les élus de mon groupe de prendre soin de l’argent du contribuable pour qu’il soit utilisé au mieux de l’intérêt général et du bien commun. Notre vote n’a pas d’autre sens.

Je vous prie de croire, Madame, Monsieur, le Maire, à l’assurance de ma meilleure considération.

Hervé de Lépinau

Conseiller départemental, Canton de Carpentras

Représentant du Groupe Front National au Département