LOTTIAUX

à Monsieur Olivier PY, Directeur du Festival d’Avignon

Monsieur,

Je n’ai pas l’honneur de vous connaître. J’ai eu l’occasion d’apprécier certaines de vos œuvres. Et pour moi, quelqu’un qui écrit, à travers un de ses personnages, « la seule manière de vivre est de vivre poétiquement » mérite attention et respect.

Les circonstances nous amènent à être tous deux à Avignon. Vous, en tant que Directeur nommé de ce prestigieux festival. Moi, en tant que candidat qui me présente au suffrage des électeurs.

Vous vous revendiquez de gauche. La belle affaire !  Je ne me sens pour ma part ni de droite ni de gauche.  Une droite et une gauche, je pense que nous en conviendrons, qui ont toutes deux montré leurs errements et leurs limites. J’ai pour seul objectif, en me présentant à ces municipales, d’apporter une vie meilleure à nos concitoyens, qui la méritent et l’attendent.

Vous avez été interviewé dans « La Provence ». J’ai évidemment lu avec intérêt vos propos. Vous développez des idées que l’on ne peut que partager : s’ouvrir aux jeunes, rendre le festival plus populaire,… Ce, dans la droite ligne de Jean Vilar qui écrivait que la culture est « ce qui vous reste à connaître quand on ne vous a rien enseigné ». Vous parlez de la FabricA, résidence d’artistes et lieu de création dont il convient sans nul doute d’appuyer le rayonnement. Je serais ravi d’entendre vos idées sur ce point.

Je me dis ainsi « voilà un homme intéressant que j’aimerais connaître ». Mal m’en prend. Car que lis-je quelques lignes plus loin, concernant le candidat du FN que je suis ? « En tous cas, je ne le rencontrerai pas. (…). Ma première réaction sera de faire ma valise (…). On ferait l’édition de 2014 rien que pour les emmerder » (sic).

Je vous demande, Monsieur, où sont vos belles idées de tolérance. Si je suis demain, comme je le pense, élu à la Mairie d’Avignon, de quel droit jugez-vous et méprisez-vous, sans même les connaître, les personnes qui auront été démocratiquement élues, et leurs électeurs ? Pourquoi tant de morgue et de mépris ? Oseriez-vous ainsi regarder Jean Vilar en face ?

Voltaire, que vous ne pouvez soupçonner d’être un ennemi de la liberté, écrivait « je hais vos idées, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez les exprimer ». Là est la vraie tolérance. Qu’en faîtes-vous ?

Je conçois nos désaccords, sans doute moindres que ce que vous imaginez. Mais je ne peux accepter votre mépris et votre manque de respect pour des milliers d’électeurs. Soyez, je vous en conjure, à tout le moins voltairien. Faîtes preuve de la tolérance que vous prônez. Arrêtez de vouer aux gémonies ceux qui ont le tort de ne pas penser comme vous, et acceptez de les écouter.

Jean Vilar avait eu l’intelligence de vouloir ouvrir le théâtre à tous. Dans vos fonctions, soyez en, simplement, le digne successeur. Vous en avez le talent. Ne le perdez pas dans les brumes de l’intolérance.

Sachez que, pour ma part, ne reniant ni ne méprisant personne, j’ai pour seule volonté une vie meilleure pour les Avignonnais, vie qui passe évidemment par la culture.  J’aurais ainsi plaisir à vous rencontrer pour parler de l’avenir d’Avignon. Sans parti pris. Sans exclusion. Sans mépris de quiconque.

L’avenir est au-delà des vaines querelles et  des postures. L’avenir est dans la parcelle de bonheur que nous saurons apporter, chacun dans son rôle, vous en tant qu’artiste, moi en tant que politique,  aux Avignonnais.

Je suis avant tout, ne vous en déplaise, un homme de cœur et de dialogue. Je pense que nous avons ceci en commun. Même si nous l’exprimons différemment. C’est notre choix et notre droit. 

J’ai peut-être la naïveté de croire, Monsieur, que vous saurez aller au-delà de vos préventions, et demeure à votre disposition.

Sincèrement,

Philippe Lottiaux

Tête de liste – Avignon Bleu Marine 2014