Marion Maréchal-Le Pen attire l’attention de M. le ministre de la défense sur les moyens de défense de l’espace maritime français.

 

La France a pu étendre sa souveraineté maritime de 579 000 km2, soit une superficie supérieure à celle de la Métropole. D’autres dossiers à l’étude devraient permettre à notre pays de conforter sa seconde place comme zone économique exclusive (ZEE). Néanmoins, les moyens de défense maritime ne sont pas à la hauteur des ambitions d’extension de notre souveraineté maritime.

 

Depuis 1994, aucun programme naval d’envergure a assuré le renouvellement de la flotte des P400 et des Aviso du type A69, vendus ou progressivement désarmés. Le premier navire du programme BATSIMAR, prévu pour doter notre marine de patrouilleurs hauturiers de surveillance et d’intervention, n’entrerait en service au meilleur des cas que dans une décennie. Dans le même temps, les marges de manœuvres de la loi de programmation militaire s’avèrent trop maigres pour corriger le tir et fournir suffisamment d’appareils navals adaptés à la surveillance et à la protection de notre ZEE : les deux patrouilleurs à faible tirant d’eau pour la Guyane et les quatre bâtiments multi-missions (B2M) appelés à remplacer les BATRAL désarmés ne modifieront pas la donne tant bien même que l’ « Adroit », patrouilleur de DCNS, viendrait à rallier les rangs de la Marine nationale. La démilitarisation d’Avisos A69 constitue un bricolage onéreux compte-tenu du coût de leur maintenance.  Cette solution de continuité entraîne une rupture capacitaire, au risque de vulnérabiliser notre espace maritime jalousé par les autres puissances et menacé par les réseaux mafieux liés au trafic de drogue, à l’immigration clandestine, à la piraterie.

 

Elle demande s’il est envisagé d’affréter des navires disponibles sur le marché, à l’instar de ce qui se fait pour les remorqueurs d’intervention suite aux catastrophes maritimes.

Notre industrie navale, qui a subi les contrecoups de la reddition de l’Etat français lors de l’annulation de la vente des Mistral à la Russie, souffre actuellement d’une concurrence exacerbée par les puissances navales asiatiques. C’est pourquoi elle voudrait savoir si l’Etat passerait des commandes auprès de nos chantiers navals pour soutenir tout à la fois nos besoins maritimes qu’un secteur industriel stratégique contribuant à notre rayonnement international.