Dans une interview accordée à une radio vauclusienne le 4 février, le maire de CARPENTRAS, Francis ADOLPHE, pour justifier sa décision unilatérale d’accueillir 25 migrants clandestins dans sa ville, a tenu des propos, notamment sur les afghans, traduisant une profonde méconnaissance de ce peuple.

Ayant eu l’occasion de côtoyer les Afghans chez eux, en tant que Carpentrassien et en tant que Conseiller Départemental de Vaucluse, je tiens à apporter quelques précisions sur les contre-vérités assénées par l’édile comtadin.

Ainsi, lorsque F. ADOLPHE explique, davantage en pseudo-pédagogue humaniste qu’en ethnologue averti, que certains des migrants afghans accueillis « sont des pashtounes », « des paysans et des ouvriers » qui « ne sont pas des extrémistes » mais au contraire « qui fuient l’islamisme », peut-être insinue-t-il que les pashtounes constituent une minorité afghane de travailleurs pacifistes.

C’est pourtant loin d’être le cas. Les pashtounes sont le groupe ethnique majoritaire en Afghanistan (plus de 42% de la population). Certes, comme dans tous les autres groupes, on y trouve, entre autres, des ouvriers et des paysans. En revanche, à la différence des autres ethnies, ce sont les pashtounes qui ont fourni les plus gros contingents au mouvement Taliban, bras armé d’un islam rigoriste et obscurantiste : celui des burqas grillagées, celui des bastonnades et des lapidations, celui des mutilations (y compris sur les enfants) en cas d’entorse à la charia, celui des murs abattus sur les homosexuels… Bref, celui du Mollah Omar, pashtoune de renom, chef des Talibans de 1994 à 2013.

Prétendre ensuite que ces Afghans accueillis fuient l’islamisme et ses horreurs relève de la naïveté… Ou de la supercherie pure et simple. Le romancier Joseph Kessel, fin connaisseur de l’Afghanistan, a qualifié ce peuple d’ « invincible » en raison de sa formidable résistance à l’envahisseur. Et c’est bien contre un peuple de valeureux et farouches guerriers que se sont cassé le nez les troupes Anglaises à Gandamak, Russes pendant la guerre froide, otaniennes et françaises toutes ces dernières années.

Un Afghan ne fuit pas; ça ne lui ressemble pas. S’il délaisse son pays, c’est qu’il a d’autres motivations  et notamment le travail. Malheureusement, ce n’est pas à Carpentras que les hôtes de Monsieur le Maire trouveront a priori du travail, ni d’ailleurs en Vaucluse puisque les Vauclusiens n’en trouvent pas eux-mêmes.

Espérons en outre que ces migrants-clandestins ne soient pas des combattants de DAESH (l’expérience a montré que cela pouvait se produire…) ou ne le deviennent pas rapidement par le biais des filières djihadistes présentes en Vaucluse. Mais pour Monsieur ADOLPHE, pas de danger. Que Dieu l’entende, sinon cela démontrera une fois de plus que les 89 soldats français qui sont tombés au pays pashtoune depuis 2004 en combattant le terrorisme islamiste made in Afghanistan sont tombés pour rien.

Communiqué de Presse du 4 février 2016, Rémy Rayé, Conseiller Départemental de Vaucluse