Question n° 28-00180 : du 08/07/2014

Mme Marion Maréchal-Le Pen attire l’attention de Mme la ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie sur le choix du tracé du futur gazoduc ERIDAN.

Cette conduite de gaz fossile de 1,20m de diamètre, qui doit relier les terminaux méthaniers de FOS SUR MER (13) à St AVIT (26), traversera 59 communes et passera à proximité des sites nucléaires de MARCOULE (30) et du TRICASTIN (84 et 26). Au vu du tracé actuellement retenu, il est prévu que le gazoduc traverse à deux reprises le canal de DONZERE-MONDRAGON qui assure le refroidissement de la centrale du TRICASTIN, comptant à elle seule 4 réacteurs en activité.

Si les conclusions des expertises menées jusqu’à lors se veulent a priori rassurantes quant à la sécurité entourant ce projet, un accident technologique majeur ne peut toutefois être totalement exclu, sa probabilité s’en trouvant même renforcée par une telle juxtaposition de facteurs de risques. Dans ses avis N° PDS-DEND/2D12-D153 et IRSN/2D12-00563 du 20 décembre 2012, l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (I.R.S.N) conclut que le tracé prévisionnel présente des « risques inacceptables pour les installations du site nucléaire de MARCOULE » en raison notamment des phénomènes dangereux consécutifs à la rupture d’une canalisation de transport de gaz: une onde de surpression suite à l’inflammation ou l’explosion du nuage de gaz formé et les effets thermiques dus à un jet enflammé. Cette évaluation ne s’applique qu’au seul site de MARCOULE et ne prend pas en compte les 59 communes traversées par la canalisation, qui seront exposées aux mêmes phénomènes dangereux identifiés par l’IRSN pouvant occasionner des dégâts considérables et des milliers de victimes. Dans le pire des scenarii, celui de l’accident nucléaire, 4 millions de personnes au minimum seraient alors directement concernées.

Sans préjuger de l’intérêt d’un gazoduc destiné à diminuer les coûts d’approvisionnement en gaz naturel dans la zone Sud, elle lui demande si le gouvernement entend avaliser la construction d’une conduite sur un tracé hypothéquant gravement la sécurité et l’avenir de plusieurs millions de riverains.