Marion Maréchal-Le Pen a voté contre le projet de loi renforçant la lutte contre le système prostitutionnel mercredi 6 avril.

Sous couvert de moralisme et de protection de la femme, ce texte n’aura très certainement par l’effet escompté, comme l’expliquent plusieurs associations comme Médecin du monde notamment. Sanctionner le client incitera la prostituée à dissimuler davantage son activité au détriment de sa propre sécurité. Ainsi, les réseaux de proxénétisme bénéficieront d’une confidentialité renforcée au risque de diminuer l’efficacité de la lutte contre les proxénètes.

Par ailleurs, la suppression du délit de racolage entraîne un paradoxe juridique qui légalise l’activité visant à se prostituer tout en créant une infraction pénale pour l’achat de l’acte sexuel.

Alors que les clients deviennent délinquants, rien n’est prévu pour s’attaquer efficacement aux proxénètes criminels, notamment les réseaux qui se développent sur internet, le plus souvent sur fond d’immigration clandestine. En outre, le dispositif n’intègre aucun nouvel outil pour renforcer la lutte contre la traite et l’exploitation des mineurs.

Enfin, certaines dispositions favoriseront l’émergence d’une nouvelle filière d’immigration en octroyant une autorisation provisoire de séjour d’une durée minimale de six mois  ainsi qu’une allocation d’insertion aux prostituées étrangères, clandestines comprises, engagées dans un parcours de sortie de la prostitution. Cette disposition est un énième levier d’immigration : chaque femme étrangère pourrait se prétendre prostituée et bénéficier ainsi d’un titre de séjour et d’un soutien financier.

Le projet de loi soulève des problématiques lourdes mais n’y apporte que des réponses cosmétiques ou néfastes. C’est pourquoi, au regard de la gravité du sujet et des réponses inefficaces qui y sont apportées, le député FN s’est opposé au projet.