Marion Maréchal-Le Pen alerte M. le ministre des affaires étrangères et du développement international sur la politique d’aide au développement destinée à l’Afrique francophone.
L’ambitieuse politique d’aide au développement (APD) dont s’est dotée la France a connu des évolutions ces dernières années qui ont impacté sur son leadership. Publié en avril, un rapport parlementaire portant sur la stabilité et le développement de l’Afrique francophone fait état d’une gestion illisible de l’aide publique française qui ne peut répondre aux objectifs fixés le 31 juillet 2013 par le Comité interministériel de la coopération internationale et du développement. En effet, il est constaté que seuls quatre Etats faisant partie de la liste des seize pays pauvres prioritaires d’Afrique subsaharienne sont présents parmi les vingt premiers récipiendaires de l’aide bilatérale. Ainsi, la majorité des Etats aidés sont des pays à revenu intermédiaire (PRI) à l’instar de la Chine, du Brésil ou de la Turquie, cette dernière ayant bénéficié d’un versement de 45 millions d’euros en 2013 par l’agence française du développement (AFD) dans le cadre de travaux de prolongement d’une ligne de métro à Istanbul.
La distorsion avec les enjeux géographiques français est aggravée par l’engagement progressif de notre pays vers le canal multilatéral (qui finance l’aide communautaire, les fonds et banques mondiaux) au détriment de l’aide bilatérale, cette dernière étant un outil souple et réactif permettant de conserver une visibilité de l’effort français, gage d’influence dans la sphère francophone et au sein des organes internationaux. Une telle réorientation ne permet pas à la France d’utiliser avec efficacité ses aides en matière de santé et d’éducation. Or, l’adaptation des aides sanitaires aux causes de mortalité contribuerait à la nécessaire transition démographique de l’Afrique francophone. Par ailleurs, une rationalisation de nos aides pour l’éducation de base contiendrait l’extension d’un « soft power wahhabite » s’infiltrant dans les sociétés musulmanes francophones via la culture et l’éducation.
C’est pourquoi elle sollicite le gouvernement afin de concentrer l’aide pour le développement sur le canal bilatéral. Par ailleurs, elle demande si l’Afrique francophone, épicentre des enjeux sanitaires, migratoires et culturels, ne devrait pas concentrer les efforts de l’APD en excluant les pays non francophones et à revenu intermédiaire. Elle souhaite savoir quels moyens sont apportés par l’Etat aux entreprises françaises qui contribuent à l’essor du marché de l’Afrique subsaharienne.