Marion Maréchal Le Pen alerte M. le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du Gouvernement, sur la diminution des revenus agricoles, véritable danger pour la survie d’un savoir-faire français.
La commission des comptes de l’Agriculture nationale a souligné un recul préoccupant du revenu moyen d’un actif agricole de 22% en 2013, soit 8 000 euros de moins, plaçant le pouvoir d’achat des agriculteurs à un niveau de vie bien inférieur à celui de la moyenne des Français. La filière céréalière française, principale productrice de grains en Europe, est la plus précarisée avec une baisse de 56% : le niveau actuel des charges et le prix d’échange de la tonne de blé basculent progressivement la production des céréaliers sous le seuil de la rentabilité. L’importation sans droits de douane de plus de 10 millions de tonnes de maïs ukrainien a impacté durement la filière céréalière française. Les filières animales ne sont pas épargnées: pour les volaillers, une baisse de 50% par rapport à la moyenne 2010-2012 pour un revenu moyen de 14300 euros, des revenus sous la barre des 20 000 euros par an pour les éleveurs bovins et ovins, sans comptabiliser les prélèvements sociaux. Les prévisions n’incitent pas à l’optimisme. La réduction importante du budget de la PAC aggrave encore la situation des agriculteurs déjà pénalisés par de lourdes contraintes règlementaires. L’accord de libre-échange transatlantique (TAFTA) va imposer à nos producteurs français une concurrence déloyale : la seule solution pour trouver l’équilibre serait la réduction d’emplois et l’industrialisation à outrance au détriment d’une politique sociale et sanitaire.
Afin de sauver un secteur impliquant des centaines de milliers d’emplois et de limiter les importations, elle demande si notre pays ne doit pas redéfinir son agriculture autour d’une politique agricole française (PAF) financée par la réduction de sa contribution globale au budget européen. Par ailleurs elle voudrait savoir quelles actions le Gouvernement envisage pour défendre l’agriculture française face aux clauses d’ouverture à la concurrence inscrites dans le traité transatlantique de libre-échange.