Marion Maréchal-Le-Pen alerte Mme la ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche sur la réforme du collège.

Le gouvernement, ayant acté hâtivement la réforme du collège via un décret d’application et un arrêté publiés au Journal Officiel, fait fi d’une contestation de grande ampleur. En effet, l’autonomie des établissements du collège, la restructuration de l’enseignement des langues et l’interdisciplinarité constituent une remise en cause fondamentale des valeurs de l’école républicaine de même qu’un grand danger pour notre culture nationale.

Ainsi, en permettant aux établissements de fixer 20% de leur emploi du temps, la réforme du collège provoque une rupture d’égalité d’enseignement entre les élèves et risque de sonner le glas de matières moins sollicitées par les collégiens à l’instar du latin, néanmoins reconnu pour sa richesse culturelle et son apport linguistique dans la maitrise du français.

La refonte de l’enseignement des langues, par l’instauration d’une LV2 dès la classe de cinquième, entraine la suppression des classes bilangues et des options latin et grec. La survie des langues anciennes, à l’intérieur des EPI, place leur apprentissage sous l’égide d’enseignants n’ayant pas nécessairement reçu de formation aux Lettres classiques et les noient dans un enseignement sans continuité en concurrence avec sept autres modules. Une telle fragilisation de savoirs, garants de la maitrise de notre langue nationale et symboles de l’excellence, s’apparente à un inquiétant nivellement par le bas alors que deux élèves sur huit ne maitrisent pas le français à leur sortie du collège.

L’interdisciplinarité, renforcée par les EPI, consacre l’esprit de la loi Jospin de 1989 selon laquelle « l’élève construit lui-même ses propres savoirs ». Or, la pédagogie constructiviste est une négation du rôle de l’enseignant. En outre, les EPI enferment l’élève dans son référent culturel, nourrissant ainsi le communautarisme renforcé par un module intitulé « Langues et cultures régionales et étrangères ». Cinq heures par semaine seront consacrées à leur mise en pratique alors que 20% des élèves en classe de troisième n’ont pas acquis le niveau CM2 en mathématiques.

C’est pourquoi elle demande s’il est envisagé d’abroger le décret et l’arrêté portant sur l’organisation des enseignements au collège qui doit entrer en vigueur à compter de la rentrée scolaire 2016. Par ailleurs, elle souhaiterait savoir si un renforcement de l’enseignement disciplinaire est prévu afin de parer à la dégradation des savoirs fondamentaux constatée par de récentes études.