Mme Marion Maréchal-Le Pen attire l’attention de M. le ministre des affaires étrangères et du développement international sur le phénomène de l’émigration des Français.
La France a une spécificité mondiale en comparaison des autres nations : rares ont été les vagues de départ de ses habitants au cours de son histoire. Or, depuis les deux dernières décennies, cette tendance est démentie.
Officiellement 1, 642 millions de Français au 31 décembre 2013 vivaient à l’étranger, soit une augmentation de 2%. Selon des estimations, 2 millions de Français vivraient à l’étranger. Cette émigration revêt des caractéristiques préoccupantes. En effet, les départs concerneraient essentiellement des jeunes (en 2011, 37% avaient moins de 30ans) et des diplômés (40% des meilleurs chercheurs français en économie officient aux USA). L’émigration représente le visage de la compétence technique et académique : ces départs renforcent nos concurrents, particulièrement la zone anglo-saxonne (Royaume-Uni et Etats-Unis dans le trio de tête) laissant la France déficitaire dans la compétition internationale de l’innovation et de la création de richesses. Malheureusement, ce phénomène n’est pas près de s’inverser : 27% des jeunes diplômés cherchant un emploi envisageaient l’émigration en 2013 et 79 % des diplômés de grandes écoles souhaitaient s’exercer sous d’autres cieux.
En outre l’émigration représente un coût considérable : une étude l’évalue à 9.6 milliards d’euros parmi lesquels 7.7 milliards d’absence de retour sur investissement des Français expatriés dont le pays a financé la formation, la santé…. Sans compter les pertes fiscales ou la création d’emplois à l’étranger qui ne bénéficient pas à l’économie française.
A l’instar de l’immigration, l’émigration est à la fois cause et conséquence du déclin de notre nation. Néanmoins l’Etat ne bénéficie pas d’outils pouvant précisément recenser et classifier ces départs. Seul un registre, dont l’inscription est facultative, est mis à disposition des expatriés. C’est pourquoi elle demande si une politique d’émigration ne devrait pas être spécifiquement consacrée à l’encadrement et à la régulation de ce phénomène. Par ailleurs, elle suggère le développement d’un programme qui permettrait à la France de préserver et développer son influence grâce à ses expatriés.