Marion Maréchal Le Pen interroge M. le ministre de la défense sur l’opération Barkhane et la propagation du djihadisme en Afrique francophone.
L’opération Barkhane, débutée en août 2014, mobilise environ 3 500 militaires français sur un territoire aussi vaste que l’Europe. Les spécialistes reconnaissent que Barkhane a compliqué les déplacements pour les mouvements djihadistes et a contribué à perturber leurs trafics. Néanmoins, l’attaque de l’hôtel à Ouagadougou du 15 janvier dernier s’inscrit dans une inquiétante inflation d’actes terroristes et d’enlèvements d’Occidentaux perpétrés par AQMI au Mali et au Burkina Faso.
L’extension du terrorisme en Afrique de l’ouest  dessine un triangle djihadiste trans-sahélien entre la Libye, le Nigéria et le Mali qui écartèle Barkhane sur une zone géographique que ses moyens actuels ne lui permettent pas de couvrir avec efficacité. Dans un même temps, la Libye devient le nouveau sanctuaire des djihadistes d’Irak et de Syrie. Un rapport d’information parlementaire, déposé en novembre dernier, spécifiait cette connexion entre les terroristes au Mali et dans l’ensemble du Sahel en relevant que 40% du matériel de guerre des terroristes du Mali provient des stocks d’armes libyens. Les djihadistes profitent également d’un ensemencement du wahhabisme au Burkina et au Niger via des missions dites humanitaires du Qatar. Il apparait donc urgent de réorienter Barkhane pour empêcher AQMI de déstabiliser l’Afrique francophone où vivent des millions de Chrétiens.
C’est pourquoi elle souhaite savoir s’il est prévu  une évolution de l’opération Barkhane pour mettre un terme à l’infiltration djihadiste en Afrique de l’ouest tout en évitant la création d’un « djihadistan » en Libye.  Egalement, elle demande si le G5 au Sahel ne devrait pas être étendu à des pays dans le viseur des terroristes tels que le Sénégal.
Le défi lancé par les djihadistes pose la question des effectifs de l’armée française : le ralentissement de la diminution des effectifs par la LPM de juin 2015 est déjà obsolète compte tenu de la menace sans cesse en mutation du djihadisme au Sahel. Elle demande si des moyens supplémentaires seront mobilisés pour réarmer nos armées.