Le Salon Beige faisait état hier 10 octobre d’une « main tendue » de Sens Commun (mouvement au sein des LR issu de la Manif pour tous) à Marion Maréchal-Le Pen, arguant d’un certain socle idéologique commun.
Mais il a suffi d’un simple froncement de sourcils du probable futur président des LR, Laurent Wauquiez, pour anéantir les convictions de Sens Commun.
Sous la menace de futures exclusions ou du boycott de l’université de rentrée, les courageux ont aussitôt fait marche arrière, ignorant soudainement les valeurs qu’ils prétendent représenter, mais que le Front National incarne vraiment, lui, depuis 1972.
A l’appui de cet énième reniement, un communiqué de presse publié aujourd’hui 11 octobre, dénigrant le Front National dans des termes qu’on aurait attribué les yeux fermés à n’importe quelle officine de gauche.

« Avant que le coq chante deux fois, tu m’auras renié trois fois ». 

 
Le président de Sens Commun tend la main à Marion Maréchal-Le Pen
Dans le numéro d’octobre de l’Incorrect, le président de Sens Commun Christophe Billan tend la main à Marion Maréchal-Le Pen. Christophe Billan explique d’abord rester chez Les Républicains parce que Sens Commun redoute « les jeux d’appareil du Front national » et « sa capacité à hystériser le débat en dévoyant nos valeurs ». Mais il ne « redoute pas en soi la plupart des thématiques  du Front national : les notions de patrie, d’identité, d’État-nation, de contrôle des frontières », etc. Puis il s’adresse indirectement à la nièce de Marine Le Pen :
« Il ne faut s’interdire de parler avec personne et il faudra bien aller parler aux électeurs de droite qui ont quitté LR. Nous avons parlé avec Marion Maréchal-Le Pen et nous l’avons assumé. Le problème de Marion Maréchal-Le Pen reste le nom Le Pen et non la plupart de ses idées. […] Si Marion Maréchal-Le Pen vient demain avec ses idées, rejoindre une plateforme, cela ne me posera aucun problème. »
Communiqué de Sens Commun du 11 octobre
Dans une interview accordée à l’Incorrect, Christophe Billan assume la volonté de Sens Commun de dialoguer avec tous ceux qui partagent des principes clairs et assumés.
Etat-Nation, justice sociale, dignité de la personne, protection des plus faibles, rôle central de la culture dans la cohésion nationale, aucun dialogue autour de ces valeurs historiques de la droite ne doit être interdit.
Cette volonté de dialoguer, qui seule peut permettre à la droite de dépasser ses limites actuelles et de regagner l’adhésion de ses électeurs, a été interprétée par certains médias comme une main tendue au Front National.
Non, Sens Commun ne tend pas et ne tendra jamais la main au Front National. Ce parti détourne les voix du peuple au profit d’intérêts particuliers. Il hystérise le débat et dévoie nos valeurs. Ceux qui transforment l’attachement des Français à leur identité en repli identitaire ne sont pas des alliés mais des adversaires politiques. Ceux qui transforment la fierté légitime d’être français en un nationalisme sulfureux sont une menace pour l’avenir de notre pays, pas une solution.