Par France BARTHELEMY-BATHELIER, chef de groupe FN-RBM Valréas Bleu Marine.

Les étudiants en Sciences de la Terre, français et étrangers, connaissent bien le bassin miocène de VALREAS qui constitue une ressource en eau de 1er plan au niveau de la région PACA tant par la qualité de ses eaux que par les volumes en présence … Mais ce réservoir est fragilisé par la mauvaise gestion qui en est faîte et par une forte contamination nitratée. Nous demandons aux instances dirigeantes de se référer aux thèses et travaux de ROUDIER (1987) sur l’organisation des écoulements et HUNEAU (2000) pour la compréhension du fonctionnement hydrogéologique du bassin de Valréas dont la nappe miocène, véritable patrimoine mondial (archives paléo climatiques de ses eaux), mérite mieux que tout ce qu’on nous a proposé jusqu’à présent. En 2000, Frédéric Huneau déclarait sa vulnérabilité et demandait de toute urgence une meilleure gestion de la ressource en eau de VALREAS …
Que nous propose-t-on aujourd’hui ?
Dans le cadre « DES PLANS DE PREVENTION DES RISQUES D’INONDATION » (PPRI) et plus encore du « PROGRAMME D’ACTIONS ET DE PREVENTION DES INONDATIONS TORRENTIELLES », lancé en 2002 (PAPI), le SYNDICAT MIXTE DU BASSIN VERSANT DU LEZ (SMBVL rattaché à la Communauté de Communes), porteur du dossier de candidature et du projet, préparé par le Bureau d’Etudes HYDRETUDES, nous propose de remettre en question une réorganisation des écoulements des eaux de surface de ce bassin … En conseil municipal, ce 29 septembre, il nous a été demandé de VALIDER DES « ACTIONS » A INSCRIRE DANS LE DOSSIER DE CANDIDATURE A LA LABELLISATION DU PROGRAMME PAPI COMPLET DU LEZ … Valréas ville de France, élus d’opposition, avons voté contre ! Mais trop peu nombreux que nous sommes à voir derrière le projet présenté, son zonage discutable et sa machinerie technocratique, un réel danger pour l’équilibre hydrogéologique du bassin, le dossier de candidature et son projet trop rapidement bouclé, a été malheureusement validé… Nous avons demandé en ce jour du 29 Septembre le désengagement total de la commune de Valréas. Pour les raisons suivantes :

1/ ABSENCE DE CONCERTATION AVEC LES PROPRIETAIRES TERRIENS CONCERNES, LES RIVERAINS, ET SURTOUT LES ELUS QUE NOUS SOMMES,
2/ Absence D’UN PLAN DE GESTION ABSOLUE DE LA PROBLEMATIQUE DE L’EAU A VALREAS, AVEC PRISE EN COMPTE D’UNE :
• GESTION REELLE DU LIT ET DES BERGES DU GRAND VALLAT, CE TORRENT SUR LEQUEL PESENT TOUS LES SOUPÇONS : APPROFONDISSEMENT DU LIT /NETTOYAGE ET RENFORCEMENT DES BERGES PAR LA POSE DE GABIONS/RENFORCEMENT DE LA BASE ET DES PILES DU PONT DE LA DEMONTE ET AUTRES / ENTRETIEN DES RAVINS ENVIRONNANTS, DES RUISSEAUX ET DES FOSSES QUI LE STRUCTURENT.
• GESTION DE L’ASSAINISSEMENT COLLECTIF ET NON COLLECTIF
• GESTION DE L’EAU DE PLUIE EN ZONE URBANISEE ET SUR SURFACES URBANISEES
• GESTION DE LA POLLUTION DES SOLS DES ANCIENS SITES INDUSTRIELS ET NOTAMMENT LE SITE DE « COTE INDUSTRIE », ROUTE DE NYONS, QUI N’A PAS ETE DEPOLLUE ET DONT L’URGENCE EST ABSOLUE … LA POLLUTION S’ENFONÇANT CHAQUE JOUR D’AVANTAGE DANS LA NAPPE PHREATIQUE … NOUS DEMANDONS LA DEPOLLUTION DE CE SITE (POLLUTION PAR AILLEURS VISIBLE A L’ŒIL NU). OU EN EST LE DOSSIER AVEC ASTREINTES A L’ENCONTRE DE LA VILLE DE VALREAS ? LA SANTE DES RIVERAINS ?

NOTRE ANALYSE DU PROJET PAPI ET DE SA MISE EN ŒUVRE SUR LE TERRAIN EST LA SUIVANTE

3/ -Nous dénotons EN DECOUVRANT LE PROJET une méconnaissance historique de ces fameuses crues centennales, de l’emprise et des bouleversements sur les terroirs … ce qui conduit à une erreur de zonage. Il apparaît déjà que le CANAL DE DECHARGE à construire ne peut pas se situer là où le Bureau d’Etude l’envisage… Les plus grandes crues ont eu lieu en 1914/17 1929 et 1934. Au début du siècle, l’eau torrentielle du Grand Vallat est sortie de son lit au niveau du pont de la démonte, à suivi le tracé actuel de la route de Saint Pierre qu’il a créée en l’approfondissant, pour arriver au Saint Antoine, descendre le Berteuil et rejoindre la rivière Coronne, route de Taulignan, au niveau de l’actuel pont de l’entrée de ville (cette zone étant par essence une zone marécageuse signalée au Moyen Age).
-Par ailleurs, nous constatons que l’étendue et la profondeur des BASSINS DE RETENTION (x 2) ou « CHAMPS D’INONDATION CONTROLEE » sur une superficie totale de 7,3 ha, ne seraient pas suffisantes en cas de forte crue : nous avons calculé que si la crue de 1993 se renouvelait, il suffirait d’un quart d’heure à peine pour les remplir. En 1993, la vitesse du passage de l’eau au pont de la Démonte (Route de Saint-Pierre) a été chronométrée à une vitesse de 58 km/h pour une pente de 280 m sur 3 km … En outre, la boue accumulée ainsi que les apports de déchets végétaux et autres contribueraient à rendre ces bassins très vite inutilisables. Comment les vider ensuite ? Quel coût ? Il faut aussi tenir compte de l’extrême déclivité du sol en direction de Valréas : elle est telle qu’il faut que la berge du bassin côté Valréas soit plus haute que celle de l’entrée du canal, avec risque de rupture … voilà donc une protection de la ville à double tranchant. Nous sommes consternée face à une telle irresponsabilité !

Ainsi nous demandons :

Un débat extraordinaire (Commune de Valréas/Communauté de Communes) visant à mettre en avant les incohérences de ce dossier, les nombreuses inexactitudes du projet ainsi que sa dangerosité.
Nous voulons une prise en considération totale et absolue du problème de l’Eau dans ce Bassin de Valréas et une gestion sans aucun oubli et aucun compromis.